‹ Œuvres de Crébillon (volume 2)Chapitre 224 sur 287 · ACTE I, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE I

Daignez de vos desseins peser la violence.

Non qu'à les soutenii^ mon amitié baknce ; N'en attendez pour vous que d'édaltants efforts : Je n'ai pas seulement écoute mes remords.

Cettç foi des serments^ parmi nous si sacrée , Cette fidélité ce jour, même jurée, Tant de devoirs çnjSn deviennent superflus :

Vous n'avez qu'ici parler , rien ne m'arrête plus.

ARTABAN-

Laisse Xïes vains devoirs à de^ âmes vulgaires;

Laisse à de vils^mmains ces serments mercenaires.

Malheur à qui l'ardeur, de se faire obéir ,

En nous les arrachant , nous ^rce à les trahir !

Quoi ! toujours enchaîné par une loi suprême ,

Un coeur ne; pourra donc disposer de lui-même !

Et du joug des serments esclaves malheureux ,

Notre honneur dépendra d'un vain respect pour eux !

Pour moi, que tpuçhe peu cet hpnneur chimérique.

J'appelle à ma i^ison d'un joug si tyrannique.

Me venger çt régner, yoilà mes souverains :

Tout k. ï^esçte pow moi n'a quç de& titres vains.

Le soin de m'élever est le seul qui me guide ,

Sans que rien sur ce point m'arrête ^u m'intimide.

Il n'est lois ni serments qui puissent retenir

Un cœur débarrassé du soin de l'avenir.

A peine eus*je connu le prix d'une coiironne ,

Que mes yeux éblouis dévorèrent le trône ;

Et mon cœur , dépouillant toute autre passion.

Fit son premier serment à son ambition.

De fi-oids remords voudroient en vain y mettre obstacle.

Je ne consulte plus que ce superbe oracle ;

Un cœur commet le mien est au-dessus des lois t

La crainte fit les dieux , Faudace a fait fes rois.

Le moment est venu qu'il faut que son courage

Afiranchisse Artaban d'un indigne esclavage.

Ce Darius si grand , qui cause ta frayeur ,

Deviendra le premier l'objet de ma fureur.

Je prétends que dans peu la Pe^se qui l'adore ,

Autant qu'il lui fut cher , le déteste et l'abhorre.

Mais Xeriès vient à nous : attends, pour' me quitter^

Que je sache quels soins le peuvent agiter.

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