ACTE I, SCÈNE I
Daignez de vos desseins peser la violence.
Non qu'à les soutenii^ mon amitié baknce ; N'en attendez pour vous que d'édaltants efforts : Je n'ai pas seulement écoute mes remords.
Cettç foi des serments^ parmi nous si sacrée , Cette fidélité ce jour, même jurée, Tant de devoirs çnjSn deviennent superflus :
Vous n'avez qu'ici parler , rien ne m'arrête plus.
ARTABAN-
Laisse Xïes vains devoirs à de^ âmes vulgaires;
Laisse à de vils^mmains ces serments mercenaires.
Malheur à qui l'ardeur, de se faire obéir ,
En nous les arrachant , nous ^rce à les trahir !
Quoi ! toujours enchaîné par une loi suprême ,
Un coeur ne; pourra donc disposer de lui-même !
Et du joug des serments esclaves malheureux ,
Notre honneur dépendra d'un vain respect pour eux !
Pour moi, que tpuçhe peu cet hpnneur chimérique.
J'appelle à ma i^ison d'un joug si tyrannique.
Me venger çt régner, yoilà mes souverains :
Tout k. ï^esçte pow moi n'a quç de& titres vains.
Le soin de m'élever est le seul qui me guide ,
Sans que rien sur ce point m'arrête ^u m'intimide.
Il n'est lois ni serments qui puissent retenir
Un cœur débarrassé du soin de l'avenir.
A peine eus*je connu le prix d'une coiironne ,
Que mes yeux éblouis dévorèrent le trône ;
Et mon cœur , dépouillant toute autre passion.
Fit son premier serment à son ambition.
De fi-oids remords voudroient en vain y mettre obstacle.
Je ne consulte plus que ce superbe oracle ;
Un cœur commet le mien est au-dessus des lois t
La crainte fit les dieux , Faudace a fait fes rois.
Le moment est venu qu'il faut que son courage
Afiranchisse Artaban d'un indigne esclavage.
Ce Darius si grand , qui cause ta frayeur ,
Deviendra le premier l'objet de ma fureur.
Je prétends que dans peu la Pe^se qui l'adore ,
Autant qu'il lui fut cher , le déteste et l'abhorre.
Mais Xeriès vient à nous : attends, pour' me quitter^
Que je sache quels soins le peuvent agiter.