ACTE II, SCÈNE I
ISMÈNIU
Madame^ quel transport! qu'eaténds-je! et quel "discours ! Quoi ! vous vous reprochez de cpupables amours l
ERIXÈNE.
Tout reproche i mon cœur Iç feu qui me dévore ; Je respire un amour que ma raison abhorre* De mon pà^e en ces lieux j'ose trahir le sang ; De mon père immolé je viens rouvrir le flanc ; Â la main des bourreaux je joins ma main sanglante ; £n6n^ ee cœur si. fier brûle pour Idanaanté.
Vainqueur de vi^re père«..,
ÉRIXENE.
Isnaene ^ ce vainqueur Sut sans aucun effort se soumettre mon cœur.
Je me défiois peli de la main qui m'fôOQha,tnjç , Ayant tant d# sujets de vengeance et de hs^ine i Kl qu Idamaia^ en dût interrompire le cours , Avec tant de raisons de le haïr toujours ji Comptant sur ma douleilr ^ ma fierté , ma colère , Et, pour lout dire enfin, mkv le sang de mon. père; Et mon père en me» bras ne Êiisoit qu'expirer , Lorsqu'un aittre que lui m^e £ùspit.saupker« A des yetix^nfoor pl^ns d'un spaetacki effi^yable , Idamante parut ^ et parut trop aimable.
Aujourd'hui même ^mxm* l'amour a prévalu :
J'allois céder p Ismèœ , ou peu $'en est fallu. Quand le prince m'a fait le récit de sa flamme , Il entraînait mon cœur > il séduisoit mon âme : Déjà te foible cœur, d'accord avec le sien ,
Lui pardonnoit un fen cpi'autorise le mien.
Des pleurs que fai versés prête à lui faire gracie.
Mon amour m'allioit aux crimes de sa race :
Près de ce prince enfin mon esprit combattu ,
Sans un peu de fierté, me laissoit sans vertu;
Et lorsque ma raison a rappelé ma gloire ,
Dans le fond de mon cœur j'ai pleuré ma victoire.'
ISMÈlSrE.
Votre cœur sans regret ne peut donc triompher D'un feu qu'en sa naissance il falloit étouffer ? Ah ! du moins , s'il n'en peut dompter la violence , Faites à vos transports succéder le silence.
ERIXÈNE.
Si je craignois qu'un feu déclaré malgré moi
Dût jamais éclater devant d'autres que toi ,
Dans la huit du tombeau toujours pr?ie à descendre,
J'irois ensevelir ce secret sous ma cendre.
Quoiqu'à mes yeux peut-être Idamante ait trop plu.
Il me sera toujours moins cher que ma vertu j
D'un amour que je crains il aura tout à craindre.
Avec ma" haine seule il seroit moins à plaindre.
Non, mon père, ton sang lâchement répandu
A tes fiers ennemis ne sera point vendu ;
Et le cruel- vainqueur qui surprend ma tendresse
Ajoute à ses forfaits celui de ma foiblesse.
Je saurai le punir de son crime et du mien....
Le roi pàroît.... Fuyons un fâdbeux entretien^