‹ Œuvres de Crébillon (volume 2)Chapitre 245 sur 287 · ACTE Ii; SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

ACTE Ii; SCÈNE VIII

Srvous payiez quel prix on gardoit à ma foi !

ARTAXERCE

De vos regrets, seigneur, confident maigre moi, J'en ai le cœur frappé des plus rudes atteintes. Que je crains d'avoir part à de si justes plaintes !

DARIUS

Vous, mon frère? Eh I pourquoi vous cenfondrois-jë, hélas !

Avec tant de vertus, parmi des cœurs ingrats ?

J'éprouverai Ibn^-temps' une injuste colère ,

Avant que je me plaigne un moment de mon frère ;

Trop heureux que le sort m'ait laissé la douceur

De pouvoir dans son sein déposer ma douleur !

Quelque amour que pour vous fasse éclater mon père,

11 ne m'en rendra j^as noire amitié moins chère.

Si je jouis jamais du p^hivoir souverain ,

Vous verrez si mcm cœm» vous la juroit en vain.

ARTÀXERCE.

Ah ! seigneur, je vois hien que Darius ignore Toute l'horreur des maux qui l'attendent encore. Je me reprocherois de laisser son grand cœur Plus long-temps le jouet d'une funeste eireur. C^est trop de vos bontés vous-même être victime ; Il feut vous découvrir la main qui vous opprime.... ' Et quelle main , grands dieux ! mais qui , sans le vouloir. De toutes vos vertus vous a^ravi l'espoir.

Coupajïle seulement par mon obéissance , Ne me soupçonnez pas d'avoir part à l'oflFense; Croyez que malgré moi l'on vous prive d'un rang Où. vous plaçoient mes vœux encor plus que le sang; -

3g^ XBRXÈ3.

Croyez qu'en me parant de la grandeur soprâme Xerxès n'a sur son choix consulté que lui-même; Et qu'enfin je ne veux souscrire aux dons du roi Qu'autant que vous voudrez en jouir avec moi»

DARiys.

Content par ma valeur d'ea €tpe pigé d%ne^ Je renonce sans peine à cet houDeur insigne; Et^ si je suis touché de quelque déplaisir^ C'est de voir que mon frère ait osé s'en MÛsir. Souffrir que l'on me fît une mortelle injure! Et vous ne voulez pas que mpn c^ur en murmure ! Malheureux que je suis! faut-il en même jour Voir s'armer contre moilfi pgtture et l'amour ; Et me voir, par des mains qui mte furent si chères. Arracher sans honneur du tr^ne de mes pères ! O sort ! pour m'accabler te reste-t-il des tx^ts ?

AETAXI^RCK*

Ah ! daignez par pitié m'épargner ces regrets.

DAR|US

Eh ! pourquoi voulez'-vous que je m'en prive encore. Lorsque tout me trahit ^ quand qn me déshonore j Lorsqu'au lieu des bienfaits que j'àvoia méiité^ Je me vois accabla de mille indignités ; Loi^squ'uu père cruel ose avec perfidie. Sous des prétextes vains, fn'éloigner de l'Ade } Troubler des nations qui ne l'ofifensoient pas> Bien moins dans le dessein d'agrandir ses états. Que pour me dépouiller avec plus d'aj^sutiance D'un sceptre dont mcm bras est l'unique défense; '

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