‹ Œuvres de Crébillon (volume 2)Chapitre 246 sur 287 · ACTE 11^ SCÈNE VIII. 3gt · texte numérisé non relu

ACTE 11^ SCÈNE VIII. 3gt

D'autant plus irrité, qu'à tout autre qu'à vous J'aurois déjà ravi l'espoir d'un bien si doux ; Mais d'autant plus contraint dans ma fureur extrême. Que je ne puis frapper sans me percer moi-même? Je ne m'étonne plus de voir de toutes parts Mes anus éviter juscpies à mes regards ; Une amante en courroux me traiter d'infidèle : Un prince sans états n'étoit plus digne d'elle. Pour vous , je l'avoûrai , que parmi mes ingrats , Après ce que- je sens, je ne vous |K>nrptois pas. Cruel I en dépouillant mon front du diadème, U ne vous reste plus qu'à m'ôter ce que j'aime; Libre de l'obtenir d'une superbe loi.

Que M m'arraehez-vous et son coeur et sa foi ?

ARTAXBRGE.

Eh ! conament voulez-^vous que je vous la ravisse ? Voyez de vos soupçons jusqu'où va l'injustice ! Je vous l'ai d'jà dit : croyez que malgré xpfÀ Je souscris aux bontés dont m'honore le roi.

Que par mon malheur seul je vous ravis l'empâre. Ah! seigneur, ce n'est pas au trône que j'aspire. Mais ce n'est pas non plus à l'objet de vos vœux : ' Je sais trop respecter vos désirs et vos feux. Je sais que votre cœujr soupire pour Barsine , Qu'avec l'Égj-pte encor le roi vous la destine. Ce n'est pas que l'objet dont mon cœur est charmé Mérite mwns, seigneur, la gloire d'être aimé. Ce jour doit éclairer notre auguste hymenée : Daignez ne point troubler cette Jieureuse journée. Sans offenser l'ardeur dont vous êtes épris ,

^g2 XERXÊS.

Je crois, seigneur, pouvoir vous nommer AmestiisJ

HATlflUS,

Dieux cruels, Jouissez du transport'quï m'anime î C'en est fait , je sens iten que fai 'besoiii d*uii crime.. Perfide, plus que tou^ contre' moi^cctojur^.

Je puis donc désormais tous iiak^tÀlmon grë!

O ciel! lorsque je croîs, «lansiÉLan^nalheur extrême,. Pouvoir du moins compter sup* tœfùète que faime, Je viens, en imprudent, confier tua douleur Au fatal ennemi q«l*me perce» fecofeuri

ARTAXERCl?.

Ah! c'est trop m'alarmer : explique2î-vous,.de grâce. D'un si dur entretien nKm amitié ^ laîsëe.

Ou calmez les transports d*un injuste courrouir. Ou, si vous Vous i^aignez, du moins et^iquez-vous.

• DARitrs. *

Avec ce fer, qui fâit le^destin de la Perse, Je suis prêt, s'il le veut, d'^daircir Artaxerce. S'il est , autant que moï, blesse de vains discours^ Voilà le sàr moyen d^en terminer Je court? ï De l'amour outrage c'est l'interprète* unique. Entre rivaux du moins c'est ainsi qu^on s'explique.. Tant, que vous oserez vous déclarer le mien , N'attendez pas de moi de plus doux entreti^i^

artaxerce; Vous mon rival? iô ciel !

DARIlfS.

Mais un rival à craindre..

ARTAXERCE

Hélas ! que je vous plains I

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