‹ Œuvres de Crébillon (volume 2)Chapitre 249 sur 287 · SCÈNE X · texte numérisé non relu

SCÈNE X

ARTÀBAN , TlSSAPHERNt. ^

AUTABABT.

D'une vaine foreur je craàiispéli là ménàde.

Va, j^ saurai bientôt réprimer tott audace.

TISSAPHÉRNË.

Ah! seigneur, que pour vous aujourd'hui j'ai tremble! Du courroux de Xerxès je suis encor troublé.

ARTABAW.

Peux-tu craindre pour moi la colère d'un maître Tremblant d'avoir parlé dès qu'il xM toit paroître? Je n'ai pas dit un mot, que d'un. si vain transport J'ai fait sur son fils seul retomber tout l'eflfort. Du chemin qu'il tenoit, instruit par Mérodate, Je me suis à sa vue écarté de TEuphrate :

Résolu d'attirer ce prince dans ces lieux.

J'ai fait croire à Xerxès que cet ambitieux Avec tant de secret n'a voit caché sa route Qu'avec quelque dessein de le trahir sans doute. Rien n'est moins apparent ; cependant sans raison Il a d'un vain rapport saisi tout le poison.

Darius est perdu, si pour sauver sa vie Il n'arme en sa faveur la moitié de l'Asie. . J'achèverai bientôt d'ébranler la vertu D'un cœur de ses malheurs plus aigri qu'abattu. Tu vois comme il me hait; mais, malgré sa colère.

Je prétends dès ce jour le voir contre son père Revenir de lui-même implorer mon secours , À ceux qu'il outrageoit avoir enfin recours.

Ârtax6rce le craint^ son père le déteste ; C'est où je les voulois : je me charge du reste. Viens, Tissapheme , viens ; le moment est venu. Laissons agir un c(]^^r qui n'est plus retenu : Courons où nous entraîne un espoir magnanime. YienS; je réponds de tout : il ne faut plus qu'un crime.

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