‹ Œuvres de Crébillon (volume 2)Chapitre 250 sur 287 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

AMESTRIS, PHÉNiqE.

AMESTRIS.

Won, je veux voir Xerxès : tu m'arrêtes en vaîn; Rien ne peut plus troubler un si juste dessein.

PHÉNICE

Et quel soin si pressant à le voir vous invite ?

AMESTRIS.

Le soin de contenter le transport qui m'agite; De me venger du moins , Phénice, avec éclat.

D'un amant odieux, d'un traître, d'un ingrat.

PHÉNICE

Sur quelques vains apprêts, madame, osez-vous croire Qu'un cœur qui fut toujours si sensible à la gloire , Après tant de serments , ait pu sacrifier....

AMESTRIS.

Vois son empressement à se justifier.

Le perfide! enchanté d'une flamme nouvelle,

Pense-t-il seulement à ma douleur mortelle ?

Sait-il qu'il est ailleurs des cœurs infortunés ,

Aux plus affreux tournoients par lui seul' condamnés?

Hëlas! tandis 4{u'ici ma douleur se signale y Peut-être <|ue l'ingrat, aux pieds de ma rivale. Aux dépens de ma gloire , accréditant sa foi. Rougit d être accusa d'avoir b^ûlé pour moi.

Pour mieux persuader, peut-être qtfà Barsine Il office en ce moment la main qui m'assassine. Si son cœur à ce soin n'éloit abandonné , Ne sufl5roit-il pas qu'il en fût soupçonné.

Pour venir à mes pieds dissiper mes alarmes , Et m'offrir cette main pour essuyer mes larmes? Qu'un soin bien différent le soustrait à mes yeux ! Le perfide , occupé d'un amour odieux , Ne songe qu'aux apprêts d'un funeste hyménée , Qui peut'-être sera ma dernière journée.

Que dis-je ? où ma douleur me va-t-elle engager ? Artaxerce parott, songeons à nous venger.

Puisque avec lui les Lois onionnént que je règne. Offrons-lui cette main qu'un parjure dédaigne : Profitons du moment; peut-être que demain.

Malgré tout mon courrdux , je, le vondrob en vain.

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