SCENE PREMIERE
AMESTRIS, PHÉNiqE.
AMESTRIS.
Won, je veux voir Xerxès : tu m'arrêtes en vaîn; Rien ne peut plus troubler un si juste dessein.
PHÉNICE
Et quel soin si pressant à le voir vous invite ?
AMESTRIS.
Le soin de contenter le transport qui m'agite; De me venger du moins , Phénice, avec éclat.
D'un amant odieux, d'un traître, d'un ingrat.
PHÉNICE
Sur quelques vains apprêts, madame, osez-vous croire Qu'un cœur qui fut toujours si sensible à la gloire , Après tant de serments , ait pu sacrifier....
AMESTRIS.
Vois son empressement à se justifier.
Le perfide! enchanté d'une flamme nouvelle,
Pense-t-il seulement à ma douleur mortelle ?
Sait-il qu'il est ailleurs des cœurs infortunés ,
Aux plus affreux tournoients par lui seul' condamnés?
Hëlas! tandis 4{u'ici ma douleur se signale y Peut-être <|ue l'ingrat, aux pieds de ma rivale. Aux dépens de ma gloire , accréditant sa foi. Rougit d être accusa d'avoir b^ûlé pour moi.
Pour mieux persuader, peut-être qtfà Barsine Il office en ce moment la main qui m'assassine. Si son cœur à ce soin n'éloit abandonné , Ne sufl5roit-il pas qu'il en fût soupçonné.
Pour venir à mes pieds dissiper mes alarmes , Et m'offrir cette main pour essuyer mes larmes? Qu'un soin bien différent le soustrait à mes yeux ! Le perfide , occupé d'un amour odieux , Ne songe qu'aux apprêts d'un funeste hyménée , Qui peut'-être sera ma dernière journée.
Que dis-je ? où ma douleur me va-t-elle engager ? Artaxerce parott, songeons à nous venger.
Puisque avec lui les Lois onionnént que je règne. Offrons-lui cette main qu'un parjure dédaigne : Profitons du moment; peut-être que demain.
Malgré tout mon courrdux , je, le vondrob en vain.