‹ Œuvres de Crébillon (volume 2)Chapitre 255 sur 287 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

XERXÈS, DARIUS, AMESTRIS, ARTABAN, TISSAPHERPrtE, PHÉNICE.

C'est donc ainsi que respectant mes lois Vous osez d'Amestris chercher ici la vue ?

AMESTRIS.

Depuis quand à ses feux est-elle défendue ?

Ah ! seigneur, se peut-il que ce fils malheureux Veus éprouve toujours si contraire à ses vœux? Ne peut-il d'un adieii soulager sa misère ?

Et ses moindres regrets offensent-ils son père? Ne craignez point que , prêt à vous désobéir, U apprenne avec moi, seigneur, à vous trahir : iTun héros si soumis vous n'avez rien à craindre. Et vous ne Tentendrez vous braver ni se plaindre. De voS cruels détours moi seule je gémis ; Mais mes larmes n ont point corrompu votre fils. De la foi des serments l'autorité blessée. Des droits les plus sacrés la justice offensée, , Dé vos détours enfin l'exemple dangereux N'ébranlera jamais un cœur si généreux.

Pour son propre intérêt je veux bien vous en croirej Je n'en soupçonne rien de honteux à sa gloire. Qu'il parte cependant, et que la fin du jour Le trouve , s'il se peut , déjà loi» de ma cour*

4ô6 XERXÈS.

Vous, suives-moi, madame, où vous attend son frère.

AMEéXRIS.

Où, seigneur?

Aux autels.

AMESTRIS.

c'est en vain qu'il l'espère :

Un autre hymen plus doux m'engage sous ses lois. Regardez ce héros , et jugez de mon choix.- ^dieu , cher Darius; je mourrai ton épouse, Crois^n de ses serments une amante jalouse.

Ou j'apprendrai du moins aux malheureux amauts Le moyen de braver la fureur dçs tyrans.

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