‹ Œuvres de Crébillon (volume 2)Chapitre 257 sur 287 · ACTE III, SCÈNE VL · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE VL

Du moins, pour m'aocaHer avec qudque justice ^ NommesHinoi des for&its dîgpnes de mon supplice. . Si je suis criminel , eh ! que n'inoLmolei^vouft Ce fils infortuné qui se livre à vos coups?

Oui, seigneur (car enfin il n'est plus temps de feindre, Mon coeur au désespoir ne peut plus se .contraindre), Avant que de m'ôter Follet de mon amour , Il faudra me priver de la clarté du jour* • Tant que dun seul soupir j aurai part à la vie ^ Amestris à mes vœux ne peut être ravie ; Je la disputerai de ce reste de sang Que mes derniers exploits œit laissé dans mon flanc : A moins que votre bras, plus cruel que la guerre , De ce malheureux sang n'arrose ici la terre; De ce sang toi]qours prêt à couler pour soa roi , Tant de fois hasardé pour lui prouv^^ ma foi. Eh I qui de vos sujets , plus soumis , plus fidèle , Jamais par plus de soins sut signaler son zèle ? Eh ! qu'a donc fait, seigneur, ce rival si chéri. Loin du bfuit de la guerre et des tentes nourri , Peut-être sans vertus que l'honneur de vous plaire. Pour être de mes droits l'heureux dépositaire ? Pour faire à vos soldats appnmver votre choix , Qu'il nomme les états conquis par ses exjJoits ; Qu'il montre sur son sein ces nobles cicatrices, * Titres que pour r^uér m'ont acquis mes services. Droit du sang , zèle, exploits, seigneur, j'ai tout pour moi ; Et cependant c'est lui que vous Eûtes mon rcH I

Si vous eussiez moins Ëiit^ vous le seriez peut-être ;

4o3 XERXÈS,

Mais je. n'ai pas voulu m'associer ûa maître.

Darius > pour régner comptant pour rien ma voix,

A cru qu'il suffisoit que mon, peuple en fît choix.

On ne vous voit jamais traverser Babylone ,

Qu'aussitôt à grands flots il ne vous environne :.

Vous semblez ne courir à de nouveaux exploits ,

Que pour venir après nous imposer des lois.

Artaxerce d'ailleurs est issu d'une mère

Qu'un tendre souvenir me rendra toujoiu's chère :.

La vôtre, de concert avec mes ennemis,

De mon sceptre, en naissant, déshérita son fils.

Non que de mon courroux la constance inhumaine

Vous ait fait après elle, hériter de ma haine »

Je veux bien avouer qu'après taaat de hauts fiiits

Vous ne méritez pas le sort qae je vous fais.

Prince , quoi qu'il en soit , je veux qu'on m'obéisse :

J'exige encor de vous ce second sacrifice ;

Partez,

DARIUS

Qui? moi, seigneur?

Oui, vous, audacieux.

Avant que le soleil disparoisse à nos yeux, Si vous n'êtes parti , c'est fait de vôtre vie. Artaban , c'est à toi que ton roi le confie : De son sort désormais je te laisse le soin.

DARIUS

Roi cruel, père injuste , il n'en est pas besoin ; Mon sort est dans mes mains.

( Il pojte la main sur soa épée.)

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