ACTE III, SCÈNE VIL 4ii
Je fespecte en mon roi le maître des humains ; J'adore en lui du ciel les décrets souverains , Dont les rois sont ici les seuls dépositaires , Et non pas des sujets foibles et téméraires.
Qui ? moi trahir Xerxès ! moi troubler ses états I Âh ! ne me parles plus de pareils attentats.
ARTAWAN.
C'est mal interpréter le zèle qui me guide.
DARIUS
Ce zèle, quel qu'if soit, ne peut qu'être perfide.
ARTABAN
Seigneur, dès que le ciel vous fit naître mon roi....
daNtus.
Laissons là ce vam titre ; il n'est plus &it pour moi. Ce tèle est trop outré pbur être exempt de piège ; Je ne puis estimer qui me veut sacrilège.
ARTABAli.
Et moi, seigneur, et moi, charmé de vos vertus. J'admire Darius, et l'en aime encor plus :
Je suis touché'de voir un cœur si magnanime , Avec tant de raisons de recourir au crime , Conserver cependant pour son père et son roi. Malgré son injustice, une si tendre foi.
Que je plains l'imivers de perdre un si grand maître! Ah! seigneur, c'est ainsi qu'ion est digne de l'être : C'est par des sentiments si grands, si généreux , Qu'on mérite *en effet notre encens et nos vœux. Il n'est que Darius, seul semblable à lui-même. Qui puisse renoncer à la grandeur supéme,
4i2 XERXÈS.
A l'éclat, aux honneurs d'une pompeuse courj^
Et peut-être immoler jusques à son amour.
DARIUS
Ah ! cruel Artaban, quelle fureur vous guide ! Et que prétend de moi votre adresse perfide?
Laissez-moi mon respect, laissez-moi mes remords f N'excitez point contre eiîx de dangereux transports. Je sens qu'au souvenir de ma clière princesse Toute ma vertu cède à l'ardeur qui me presse. Pour conserver un bien qui fait ^put mon bonheur. Il n'est rien qu'en ces lieux ne tente ma fureur. S'il est vrai'que mon sort vous intéresse encore. Sur ce point seulement Darius vous implore.
ar'/aban.
Eh bien! seigneur, eh bien! pour vous la conserver. De ces lieux, s'il le faut, je la vais enlever. Je vous puis cependant offrir une retraite Contre vos ennemis , sûre autant que secrète.
En quels lieux?
ARTABAN
C'est ici, dans ce même palais Dont Xerxès prétendoit vous exclure à jamais. Pour mieux vous y cacher j'écarterai la garde : Le droit d'en disposer seul ici me regarde.
Du moment que la nuit.aura voilé les cieux , Nous pourrons enlever Amestris de ces lieux.
Quoi ! Darius balance ! Et quelle est son attente? Qu'on lui vienne ravir le jour et son amante? Acceptez le secours que j'ose vous offrir :