‹ Œuvres de Crébillon (volume 2)Chapitre 270 sur 287 · ACTE IV, SCÈNE VIL · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE VIL

AMESTRIS.

Qu'un trépas si soudain m'annonce un noir mystère !

ARTABAK.

Seigneur, Xerxès est mort : une barLarô main

De trois coups de poignard vient de percer son* sein.

ARTAXERCE

Ah! ^'est-ce que j'entends, Darius?

Artaxerce !

ARTABAN

Grands dieux I réserviez-vous ce forfait à la Perse?

DARIUS

Laissez de ces transports le vain emportement, Ou donnez-leur du moins plus d'éclaircissement. E^t-ce ainsi que , chargé d'une tête si chère , Ârtaban veille ici sur les jours de mon père ? De ce dépôt sacré qu'avez-vous fait ? Parlez.

ARTABAN

Moi, ce que j'en ai Êiit? Quelle audace! Tremblez.

DARIUS

Parlez, expliquez-vous.

ARTABAN

Non 7 la même innocence N'anrok pas im maintien plus rempli d'assunonse. 11 faut avoir un cœur au crime bien formé , Pour m'entendre sans trouble et sans être alarmé.

DARIUS

Je ne puis plus soufiîrir cette insolence extrême. A qui s'adresse donc ce discoiirs ?

4^4 XERXÉS.

. , A vous-même.

DARIUS

A moi f perfide ! à moi ?

Barl)are^ à qui de nous, • Puisque ce coup alfreux n'est parti que de vous ?

DARIUS

Ah ! monstre^ imposteur î

ARTABAN

Frappe , immole -encor ton fi'ère ; Joins notre sang au sang de ton malheureux père.

DARIUS

Quoi ! prince , vous souffi^ez <I^'^ ose m'accuser ?

ARTAXERCE

Darius, c'est à toi de m'en désabuser.

DARIUS

Quoi I d'un esclave indigne appujrant l'imposture. Vous-même à votre sang vous feriez cette injure ! J'avois cru que ce cœur qu'Artaxerce connoit....

ARTABAN

Traître ! on n'est pas toujours tout ce que Ton paroit. Mais d'un crime si noir il est plus d'un complice : Le cruel n'a pas seul mérité le supplice.

Seigneur, apprenez tout ; c'est moi qui cette nuit L'ai dans ces lieux sacrés en secret introduit* Comme il ne demandoit qu'à revoir la princesse,. Touché de ses malheurs , j'ai cru qu'à sa tendresse Je pouvois accorder ce généreux secours ; Mais , tandis qu'à servir $e§ funestes amoura

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