‹ Œuvres de Crébillon (volume 2)Chapitre 271 sur 287 · ACTE IV, SCÈNE VII · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE VII

Loin de ces tristes lieux m'ooeupoit le perfide ^ Sa main les a souiUés du plus noir parricide. De mes soins pour l'ingrat j'allois voir le succès. Quand , passant près des lieux, retraite de Xerxès^ Dont une lueur foible ëclairoit les ténèbres , -^ Votre nom , prommcë parmi des cris funèbres , Ma rempli tout à coup et d'horreur et d'effroi. J'entre. Jugez, seigneur, quel spectacle pour moi. Quand ce prince, autrefois si grand, si redoutable. Des pères malheureux exemple déplorable , S'est offert à mes yeux sur son lit étendu , Tout ba^né dans son sang lâchement répandu , Qui de ce même sang, mais d'une main tremblante. Nous tràçoit de sa mort une histoire sanglante , Puisant, dans les ruisseaux qui couloient de son flanc. Le sang accusateur des crimes de son sang :

Monument effroyable à la race future I Caractères affreux dont frémit la nature !

Ce prince , à mon aspect rappelant ses esprits , S'est fait voir dans l'état où ce traître l'a mis. « Tu frémis, m'a-t-il dit, à cet objet funeste : ce Tu frémiras bien plus quand tu sauras le reste. « Quelle barbare main a commis tant d'horreurs ! ce Cher Ârtaban, approche, et lis par qui je meurs» a Le fils cruel que j'ai dépouillé de l'empire a Dans le sein paternel.... » A ces mots il expire. Traître, d'aucun remords si ton cœur n'est pressé, Viens voir ces traits de sang où ton crime est tracé»

DARIUS

Où tend dé ce trépas la funeste peinture ?

Crois-to par ce récit prouver ton imposture ? Ne crois pas ébranler un coeur comme le mien : Je confondrai bientôt 1 artifice du tien.

Dis-moi ^ traître , dis-moi , puisque mon innocence Estjîontre un tel témoin réduite à la défense^ Qui peut m'a voir conduit jusqu'à ce lit sacré. Du reste des mortels, bors toi seul, ignoré.

Dont n'auroit pu m'instruire une foible lumière ?

ARTABATC.

Que sais-je? Le destin ennemi de ton père.

AMESTKIS, àArunerce.

Ab! seigneur, c'en e^ trop; et mon coeur inité Ne peut, sans murmurer de celte indignité.

Voir le vôtre souffrir qu'avec tant d'insolence Un traître ose à mes yeux opprimer l'înnoc^ioe; Que , la main teinte encor du sang qu'il fit couler^ De sa fausse douleur pr^ à vous aveugler, Il ose de son crime accabler votre frère.

Sans exdter en vous une juste colère* Il ne vous reste plus , crédule et soupçonneux. Que de nous partager un crime si bonteux..

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