‹ Œuvres de Crébillon (volume 2)Chapitre 48 sur 287 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

ÉRIXÈNE, ISMÈNE.

En vain tu veux calmer le transport qui m'agite :

Foibles raisonnements dont ma douleur s'irrite !

Laisse-moi , porte ailleurs tes funestes avis ;

Il m'en a trop coûté pour les avoir suivis.

Vois ce qu'à tes conseils aujourd'hui trop soumise

Je viens de recueillir cfune vaine entreprise;

Vois ce que ta fureur et la mienne ont produit :

Mon départ et ma honte en seront tout le fruit.

Je ne reverrai plus ce prince que j'adore ;

Et , pour comble d'horreur, mon amour croît encore !

En armant contre lui mon devoir inhumain.

Cruelle ! tu m'as mis un poignard dans le sein.

Cher prince , pardonnez. . . .

ISMENE

Je le vois qui s'avance.

De vos transports, du moins, cachez la violence.

Érixène.

Eh ! comment les cacher ? Je sais que je le dois ;

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