SCÈNE IL ' IDAMANTE, ÉRIXÈNE, ISMÈNE
|DA]«ÂNT£.
Ou fiiye^vous , naadame ?
Où mon devoir l'ordonne.
IDAMANTE.
Du moins à la pitié laisse^vous éBacmyoir.
Vous ne l'avez que trop signalé , ce devoir : Avec tant de courroux, hélas ! qu'a-t41 à craindre? Vous ne m'entendrez plus soupirer ni me plaindre. Vous partez , je vous aime ^ et vous pae haïssez j Mes malheurs dans ces mots semUent être tracés. Cependant ce départ, mon s^Q^our, votre h^ae. Ne font pas aujourd'hui ma plus qruelle peiuet C'étoit peu que votre âme , insensible à mes vœux , Eût de tout son courroux p^yé mes |e»dres feux : Ce malheureux amour que votre cœur aUborre , Malgré tous vos mépris, que je chéris encore; Cet amour qui, malgré votre injuste rigueur^ N'a jamais plus régné dans le fond de mou cœur; Cet amour qui faisoit le bonheur de mgi vie , Il faut à mon devoir que je le sacrifie.
io4 IDOMÉNÉE.
Mon que mon tiisie.cœiu*^ par -ce crad effort^
Renonce à vous aîmar ç a&isije coufs à la mort :
Heureux si mon trépas > deirenu légitime ^
Des pleurs que j'ai causés peut eflEioer le crime !
Mais si cen étoit un dadcM^r vos «beaux jeux.
Je ne suis pas le seul criminel ea ces* lienx.
Ce qu'en vain Mérion attendoît de ses -armes ,
Tous seule en un moment l'aviez pu paréos charmes :
Tout vous livre à l'envi cet empirb &talj
Régnez, vous le pouvez...^ mon père est mon rival*
illIXÈNE.
Je connois les transports et de l'un et de l'autre ,
Et je sais jusqu'où va son audace et la vôtre :
Son téméraire amour n'a que trop éeliaté. •
IDAMANTE.
Sans vous en ofiFenser vous l'avez écouté !
Je ne m'étonne plus du malheur qui m'accahie , Ni que vos yeux cruels me trouvent si coupable. Votre cœur , à son'rour épris pour un héros , N'a pas toujours haï tout le sang de Minos.
Pour mon père en secret vous brûliez, inhtunaîneî Et moi seul en ces lieux j'exerçois votre haine. Quoi ! vous m'abandonnez à mes soupçons jaloux ! Suis-je le malheureux ? madame, l'aimez-vous?
Moi , je pourrois l'aimer ! et dans le fond de l'âme J'aurois sacrifié mon devoir à sa flanane !
Dieux I qu'iest'Ce que j'eniténds? Seigneur , osez-vous bien Reprocher à mou cœur l'égarement du sien ?