‹ Œuvres de Crébillon (volume 2)Chapitre 49 sur 287 · SCÈNE IL ' IDAMANTE, ÉRIXÈNE, ISMÈNE · texte numérisé non relu

SCÈNE IL ' IDAMANTE, ÉRIXÈNE, ISMÈNE

|DA]«ÂNT£.

Ou fiiye^vous , naadame ?

Où mon devoir l'ordonne.

IDAMANTE.

Du moins à la pitié laisse^vous éBacmyoir.

Vous ne l'avez que trop signalé , ce devoir : Avec tant de courroux, hélas ! qu'a-t41 à craindre? Vous ne m'entendrez plus soupirer ni me plaindre. Vous partez , je vous aime ^ et vous pae haïssez j Mes malheurs dans ces mots semUent être tracés. Cependant ce départ, mon s^Q^our, votre h^ae. Ne font pas aujourd'hui ma plus qruelle peiuet C'étoit peu que votre âme , insensible à mes vœux , Eût de tout son courroux p^yé mes |e»dres feux : Ce malheureux amour que votre cœur aUborre , Malgré tous vos mépris, que je chéris encore; Cet amour qui, malgré votre injuste rigueur^ N'a jamais plus régné dans le fond de mou cœur; Cet amour qui faisoit le bonheur de mgi vie , Il faut à mon devoir que je le sacrifie.

io4 IDOMÉNÉE.

Mon que mon tiisie.cœiu*^ par -ce crad effort^

Renonce à vous aîmar ç a&isije coufs à la mort :

Heureux si mon trépas > deirenu légitime ^

Des pleurs que j'ai causés peut eflEioer le crime !

Mais si cen étoit un dadcM^r vos «beaux jeux.

Je ne suis pas le seul criminel ea ces* lienx.

Ce qu'en vain Mérion attendoît de ses -armes ,

Tous seule en un moment l'aviez pu paréos charmes :

Tout vous livre à l'envi cet empirb &talj

Régnez, vous le pouvez...^ mon père est mon rival*

illIXÈNE.

Je connois les transports et de l'un et de l'autre ,

Et je sais jusqu'où va son audace et la vôtre :

Son téméraire amour n'a que trop éeliaté. •

IDAMANTE.

Sans vous en ofiFenser vous l'avez écouté !

Je ne m'étonne plus du malheur qui m'accahie , Ni que vos yeux cruels me trouvent si coupable. Votre cœur , à son'rour épris pour un héros , N'a pas toujours haï tout le sang de Minos.

Pour mon père en secret vous brûliez, inhtunaîneî Et moi seul en ces lieux j'exerçois votre haine. Quoi ! vous m'abandonnez à mes soupçons jaloux ! Suis-je le malheureux ? madame, l'aimez-vous?

Moi , je pourrois l'aimer ! et dans le fond de l'âme J'aurois sacrifié mon devoir à sa flanane !

Dieux I qu'iest'Ce que j'eniténds? Seigneur , osez-vous bien Reprocher à mou cœur l'égarement du sien ?

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