ODE SUR LA MORT
Et la mère des crimes Te développe aussi ses sombres profondeurs !
Ce vieillard immortel , dont la main lente et sûre Reproduit à la fois et détruit la nature, Dans son rapide vol redouble tes efforts :
Ton esprit dispensant des torrents de lumière ,
Au bout de sa carrière j S*élève encor plus haut en ses rares accords.
Je reconnois la voix du défenseur ' de Rome ; Ce sont là tous ses traits , Tempreinte dû grand homme : C'est ainsi qu'il tomba sous le couteau sanglant. Quels cris tumultueui^ ! le poison de TEnvie y
Épandu sur ta vie , Infecte de tes jours le reste chancelant.
Laissons ce vil Python exhaler ses blasphèmes ; Des criminels humains les murmures extrêmes Altèrent-ils jamais le front calme des dieux ? Un transport inconnu m'appelle à l'empyrée ;
De la voûte azurée Les chemins tout à coup sont ouverts à mes yeux.
Quelle divinité , dans son orgueil suprême , Empruntant de la Mort l'effrayant diadème, Rassemble à ses côtés la troupe des Malheurs ? Son front est obscurci du deuil de la Tristesse,
A ses pieds la Tendresse Grave en lettres de sang ses tragiques douleurs.
> /.« Triumuirat , qu^il fit â Tâge de quatre-yingt-un ans , et qui foi iaîusttMaent attaque.
Corneille , pour Romain adopté même à Rome ; Racine , Finterprète et le peintre de l'homme , Sont d un tribut de pleurs , pour encens, honorés : Là, mon divin héros, guidé par la Mémoire,
Sur un rayon de gloire , Du sanctuaire auguste occupe les degrés.
Pardonne , Crébillon , aux efforts de ma lyre. Si mes sens , transportés par un heureux délire , Ont retracé ta gloire aux siècles à venir.
Couronne mes accords ; et transmets dans mon âme
Cette céleste flamme Qui fait des noms fameux vivre le souvenir.