‹ Œuvres de Crébillon (volume 2)Chapitre 61 sur 287 · SCÈNE IL · texte numérisé non relu

SCÈNE IL

IDAMANTE, seul.

Enfin , loin des témoins dont l'aspect m'importune. Je puis en liberté plaindre mon infortune ; Et mon cœur, déchiré des plus cruels tourments, Peut donc jouir en paix de ses derniers moments ! Ciel I quel est mon malheur! quelle rigueur extrême! Quel sort pour ennemis m'offre tout ce que j'aime I Je trouve en même jour conjurés contre moi Les implacables dieux, ma princesse, et mon roi. Pardonnez, dieux puissants, si je vous fais attendre; Je le retiendrai peu ce sang qu'on va répandre : Mon cœur de son destin n'est que trop éclairci. Est-ce pour mes forfaits que vous tonnez ici , Dieux cruels !... Que dis-tu, misérable. victime? Né d'un sang criminel , te manque-t-il un crime ? Qu'avoient fait plus que toi ces peuples malheureux Que le ciel a couverts des maux les plus affreuxiP Va , termine. aux autels une innocente vie.

Sans accuser les dieux de te l'avoir ravie ; Et songe, en te flattant de leur choix rigoureux. Que le sang le plus pur est le plus digne d'eux. Pourrois-tu regretter, objet de tant de haine. Quelques jours échappés aux rigueurs d'Érixène ? Â qui peut éprouver un sort comme le mien

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