ACTE V, SCÈlfE V
Que de votre courroux k fkale puifisaiioe  bien su se jouer de ma. vaine prudence !
Barbares ! quand je meurs «fu^exiges-vous de mot ? N'étoit-ce pas assez pour violime qnism roi? Par un sang que verMÎt un repentir sincère Je coiurois aux autels prêt de vous satisfaire : Hélas ! quand j'ai cru voir la fin de mes malheurs^ Vous avez craint de voir la fin de vos fureurs ; Il eût fidlu vous rendre an sang ck la victime. Gardez donc vos fiu-eurs ^ et je reprends mon crime : Je désavoue enfiii^ d'intitiles remords. •
IDÀMANTIL
Désavouez plutôt ees horribles transports ; Voyez-en jusqu'ici4'aud$iee infinictueuse^ Et revenez aux 90În$ d'une âme vertueuse* De ces dieux dont en vain vous bravez le counroux , Examinez^ se^peur^ sur qui tombent les coups. Faut-il , pour attendrir vocre âme impitoyable^ Ramener soos vos yeux ce spectacle effroyable ? Tout périt; ce n'est plua qu'aux seuls gémissements Qu'on peut ici des morts distinguer les vivons. Dans la nuit du tombeau vos sujets vont descendre : Un seul soupir encor semble les en dé£3ndre> Seigneur ; et ces sujets piiéts de s'inunoler tous , Offrent aux dieux vengeurs ce sail soupir pour vous I D'un peuple pour son roi si tmdre , si fidèle, Du sang de votre fils récompensez lezèle.
Ces peuples, que le ciel s(»unxt à votre loi^ Ne son4*ils pas, sôgneur, vos en&nts avant moi? Termmez par ma mcMrt l'excès de leur misère :
ia4 IBOMÉNÉE.
Dans ces tristes moments soyez plus voi que pèr^ Songez que le devoir de votre auguste rang Ne permet pas toujours les tendresses du sang : Versez enfin"îè mien^ puisqu'il faut le répandre : Par d etemek forfaits voulez-vous le défendre?
IPOMENEE.
Dût le ciel irrité nous rouvrir les enfers, Dût la foudre à mes yeux embraser l'univers, Dût tout ce qui respire , étouflfé dans la flamme , Servir de monumefit aux trs^psports de mon âme , Dussé-je enfin,. de tout destructeur furieux. Voir ma rage égaler l'injustice des dieux , Je n'inunolerai point une tête innocente.
IDAMANTE.Iiî
Ah î c'est donc trop long-temps épargner Idamante. Après ce que je sais, après ce que je vdi.
Qui fiit jamais , seigneur , plus criminel que moi? Chaque moment qui suit votre vceii redoutable Rejette mille horreurs sur ma tête coupable : Complice du refiis que l'on en &it aux dieux , Tout mon sang désormais me devient odieux.
Disputez-vous au ciel le droit de le reprendre? M'enviez-vous , seigneur, l'honneur de vous le rendre? Ah I d'un vœu qui vous rend aux vœux de votre fils , Trop heureux que ce sang puisse faire le prix? Sans ce vœu, triste ol^'et de ma douleur profonde. Je ne vous revoyois que le jouet de l'onde.
Le ciel, plus doux, enfin vous rend à mes souhaits: Puisrjè assez lui payer le plus grand des bienâdts? Venez-en aux autels cœisacrer les prémices ;