‹ Œuvres de Crébillon (volume 2)Chapitre 78 sur 287 · I. lO · texte numérisé non relu

I. lO

i46 ATRÉE ET THTESTE.

PLISTHèNE.

Peux-tu me condamner, Thes^mdre? tu l'as vue.

Non , jamais plus de grâce et plus de majesté

N'ont distingué les traits de la divinité.

Sa beauté , tout enfin > jusqu'à scm malheur même ,

N'oflfre en elle qu'un front digne du diadème ;

De superbes débris , cette noMe fierté ,

Tout en elle du sang marque la dignité.

Je te dirai bien plus : cette même inconnue

Voit mon âme à regret dans ses fers retenue ;

Et qui peut dédaigner mon amour et mon rang

Ne peut être formé que d'un illustre sang.

Quoi qu'il en soit, mon cœur, charmé de ce qu'il aime^

N'examine plus rien dans son amour extrême.

Quel cœur n'eùt-elle pas attendri ,• justes dieux !

Dans l'état où le sort vint l'ofifrir à mes yeux ? ■

Déplorable jouet des vents et de Forage,

Qui même en ly poussant l'envioient au rivage.

Roulant parmi les flots, les morts et les débris^

Des horreurs du trépas les traits déjà flétris.

Mourante entre les bras de son malheureux père^

Tout prêt lui->même à suivre une fille si chère....

J'entends du bruit. On vient. Peut-être c'est le roi ;

Mais non , c'e^ l'étrangère. Ah I qu'est-ce que je voi^

Thessandre ? un soin pressant semble occuper son âme.

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