‹ Œuvres de Crébillon (volume 2)Chapitre 77 sur 287 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

PLISTHÈNE, THESSANDRE.

PLISTHENK.

Qu'a i-jE fait, malheureux I (juelle ii^rudenoe extrême !

Je ne sais quel effroi s'empare de mon cœur ;

Mais tout mon sang se glace, et je frémis d'horreur.

Dieux , que dans mes serments malgré moi j'intéresse ,

Perdez le souvenir d'une indigne promesse ;

Ou recevez ici le serment que je fais ,

En dussé-je périr, de n'obéir jamais.

Mais pourquoi m'alarmer d'un serment si funeste?

Que peut craindre un grand cœur quand sa vertu lui reste?

Athènes me répond d'un trépas glorieux ;

Et j'y cours m'affranchir d'un serment odieux. ■

Survivre aux maux cruels dont le destin m'accable ^

Ce seroit plus que lui m'en rendre un jour coupaUe.

Haï , persécuté , chaîné d'un crime afireux p

Dévoré sans espoir d'un amour malheureux.

Malgré tant de mépris que je cliéris encore ,

La mort est désormais le seul dieu que j'implore ;

Trop heureux de pouvoir arracher en un jour

Ma gloire à mes serments, mon cœur à son amour !

THESSANDRE.

Que dites-vous, seigneur? Quoi ! pour une inconnue....

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