SCENE PREMIERE
ÉRIXÈJVE, ISMÈNE.
JVli.DÂME , en ce palais pourquoi toujours errante?
Lieux cruels , soutenez ma fureur chancelante ; Lieux encor teints du sang qui me donna le jour. Du tyran de la Crète infortuné séjour, Eteruels monumeos d*nne douleur amère ; Lieux t«rribles , témoins de la mort de mon père ; Lieux oè Ton m'ose offrir de coupables amours , Prêtez à ma colère un utile secours :
Ketracez-moi sans cesse une triste peinture ; Contre un honteux amour défendez la nature.
O toi qui vois la peine où ce feu me réduit , Ténus, suis-je d'un sang que ta haine poursuit? Ou faut-tl qu'en des lieux remplis de ta yengeance Les cœurs ne puissent plus brûler dans l'innocence? Laisse au sang de Miuos ses affronts , ses horreurs ;
Sur ce sang odieux signale tes foreurs.
Laisse au saog de Minos Phèdre et le labyrinthe ,
Au mien sa pureté sans tache et sans atteinte.
ISMÈNE
Madame ! quel transport ! qu'entends-je ! et quel discours ! Quoi! TOUS TOUS reprochez de coupables amours I
ÉRIXÈZTE.
Tout reproche à mon cœur le feu. qui me dévore ; Je respire un amour que ma raison abhorre.
De mon père en ces lieux j'ose trahir le sang ; De mon père immolé je yieos rouvrir le flanc ; A la main des bourreaux je joins ma main sanglante; Enfin , ce cœur si fier brûle pour Idamante.
ISHENS.
Vainqueur de votre père....
SRIXBXTE.
Ismène, ce vainqueur Sut sans aucun effort se soumettre mon cœur.
Je me défiais peu de la main qui m*enchaine , Ayant tant de sujets de vengeance et de haine ; Ni qu'Idamante en dût interrompre le cours , Avec tant de raisons de le haïr toujours ; Comptant sur ma douleur, ma fierté, ma colère, * Et, pour tout dire enfin, sur le sang de mon père ; Et mon père en mes bras ne faisait qu'expirer. Lorsqu'un autre que lui me faisait soupirer.
A des yeux encor pleins d'un spectacle effroyable Idamante parut , et parut trop aimable.
Aujourd'hui même encor l'amour a prévalu :