ACTE II , SCENE I
J'allais céder, Ismène, ou peu s'en est -fallu. Quand le prince m'a fait le récit de sa flamme , Il entraînait mon cœur, il séduisait mon ame ; Déjà ce faible cœur, d'accord avec le sien , Lai pardonnait un feu qu'autorise le mien.
Des pleurs que j*ai versés prête à lui faire grâce , Mon amonr m'alliait aux crimes de sa race :
Près de ce prince, enfin, mon esprit combattu, $ans un peu de fierté , me laissait sans Tertu ; Et lorsque ma raison a rappelé ma gloire , Dans le fond de mon cœur j'ai pleuré ma victoire.
ISMÀITE.
Votre cœur sans regret ne peut donc triompher D*na feu qu'en sa naissavce il fallait étouffer ? Ah! dn moins, s'il n'en peut dompter la violence , Faites à vos transports succéder le silence.
ÉRIXÈITE.
Si je craignais qu'un feu déclaré malgré nroi Dût jamais éclater devant d'autres qne toi , , Dana la nuit du tombeau toujours prête à descendre, J'irais ensevelir ce secret sous ma cendre.
Qnoiqu'à mes yeux pent-étre Idamante ait trop plu. Il me sera toujours moins cher que ma vertu ; D'un amour que je crains il aura tout à craindre : Avec ma haine seule il serait moins à plaindre. Non , mon père, ton sang lâchement répandu A tes fiers ennemis ne sera point vendu ; Et le cruel vainqueur qui surprend ma tendresse Ajoute à ses forfaits celui de ma faiblesse.
36 IDOMÉNEE.
Je saurai I» punir de son crime et do mîen..M Le roi parait.... Fuyons un fâcheux, entretien.