‹ Œuvres de CrébillonChapitre 132 sur 158 · ACTE m, SCENE II · texte numérisé non relu

ACTE m, SCENE II

Ni tout ce que mon bras a fait dans Epidaure :

J*ai dû tout immoler à votre inimitié ;

Mais que ne peut l'amour ? que ne peut l'amitié ?

Itys allait périr , je lui devais la vie ;

Sa mort bientôt d'une autre aurait été suivie.

L'amour et la pitié confondirent mes coups ;

Tjdée en ce moment crut combattre pour vous.

D'ailleurs , à la fureur de Corinthe et d'Athènes

Ponvais-je abandonner le trône de Mycènes ?

iLECTRE.

Juste ciel ! et pour qui l'avez-vous conservé ?

Cruel ! si c'est pour moi que vous l'avez sauvé ,

Tenez donc de ce pas immoler un barbare :

Il n'est point de forfaits que ce coup ne répare.

Oreste ne vit plus : achevez aujourd'hui

Tout ce qu'il aurait fait pour sa sœur et pour lui.

A l'aspect de mes fers étes-vous sans colère ?

"KiBtrce ainsi que vos soins me rappellent mon frère ?

Ne m'off rirez-vous plus , pour essuyer mes pleurs ,

Que la main qui combat pour mes persécuteurs ?

Cessez de m'opposer une funeste flamme.

Si je vous laissais voir jusqu*au fond de non ame ,

Votre cœur y excité par l'exemple du mien ,

Détesterait bientôt un indigne lien ;

D'un cœur gue malgré lui l'amour a pu séduire ,

Il apprendrait du moins comme un grand cœur soupire |

Tous y verriez l'amour , esclave du devoir ,

Languir parmi les pleurs , sans force et sans pouvoir.

Occupé, comme moi, d'un som plus légitime,

%s» ELECTRE.

Faites*TOiiB des rertu* de Totre propre crime. Du sort qui me poursuit pour détourner les coups , NoD , je n*ai plus ici d'autre frère que tous. Mou frère est mort; c'est tous qui deyez me le rendre. Vous f qu*un serment affreux engage à me défendre. Ah cruel ! cette main, si vous m'abandonnez , Va trancher à vos yeux mes jours infortunés.

TTDEX. '

Moi , TOUS abandonner ! Àh ! quelle ame endurcie Par 'des pleurs si touchans de serait adoucie? Moi , vous abandonner ! Plutôt mourir cent fois. Jugez mieux d'un ami dont Oreste fit choix.

Je conçois , qusMid je vois les yeux de ma princesse, Jnsqu^où peut d'un amant s'étendre la faiblesse ; Mais quand je vois vos pleurs, je conçois encormieux Ce que peut le devoir sur un cœur vertueux.

Pourvu que votre haine épargne Iphianasse, Il n'est rien que pour vous ne tente mon audace. Je ne sais , mais je sens qu'à l'aspect de ces lieox Égisthe à chaque instant me devient odieux.

A l'ardeur dont enfin ma haine est secondée , A ce noble transport je reconnais Tydéé.

Malgré tous mes malheurs , que ce moment m'est doux I Je pourrai donc venger... Mais quelqu'un vient à noua. Il faut que je vous quitte ; on pourrait nSkà surprendre. En secret chez Arcas , Seigneur, daignez vous rendra. Seul espoir que le ciel lù'ait laissé dans mes maux , Courez , en me vengeant , signaler un héros ,^

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