‹ Œuvres de CrébillonChapitre 131 sur 158 · ELECTRE, TYDÉE · texte numérisé non relu

ELECTRE, TYDÉE

TTDéx , à lui-même.

Mjlis quel objet se présente à mes yeux?

Dieux! quels tristes accena font retentir ces lieux 1 C'est une esclave en pleurs ; hélas ! qtt*elle a de charme»! Que mon ame en secret s'attendrit à ies larmes ! Que je me sens toueké de ses gémissemens !

Ah! que les malheureux éprouvent de tourmens!

BLECTRB , à part.

Dieux puissans , qui l'avez si long-temps poursuivie , Épargnez-vous encore une mourante rie ?

Je ne le verrai plus 1 inexorables dieux.

D'une éternelle nuit couvrez mes txistes yeux.

f^^mm^^m^mmmmmm

'XCTEIII, SCENE II. ïi9

TTIXEE.

i« saas qu'a votre sort la pitié m*iotére&$e.

Ne pourrai-je savoir quelle douleur voi^s presse ?

ÂLECTRS.

flélas ! qui ne connaît mon nom et mes. malheurs ? Et qui peut ignorer le sujet de mes pleurs ?

Un désespoir affreux est tout ce qui me reste. O déplorable sang ! ô malheureux Oreste !

TTDÉB.

Ah ! juste ciel 1 quel nom avez-vous prononcé ! A vos pleurs, à ce nom , que moi^ cœur est pressé ! Qu'il porte à ma pitié de sensibles atteintes ! Ah I je vous reconnais à de si tendres plaintes. Malheureuse princesse , est-ce vous que je voi? Electre , en quel état vous offrez^vous a moi ?

ZLEGTRE.

Et qui donc s'attendrit pour une infortunée , A la fureur d'Égistbe , aux fers abandonnée ? Mais Oreste , Seigneur , vous était-il conuu ? A mes pleurs, à son nom, votre cceur s'est ému.

TYDSE.

D ieux ! s'il m'était connu ! Mais dois-je vous l'apprendre , Après avoir trahi l'amitié la plus tendre ?

. Dieux ! s'il m'était connu ce prince généreux ! Ah Madame ! c'est moi qui de son sort affreux Tiens de répandre ici la funeste nouvelle.

il.EGTRE.

Il est donc vrai , Seigneur 7 et la Parque cruelle M'a ravi de mes v<enx «t l'eepoir et le prix ?

3to ELECTRE.

Mais , quel étonoement rient frapper mes esprits ! Vous qui montrez an cœnr à mes plenrs si sensflile , IN'éteS'Tous pas. Seigneur» ce guerrier invincible, D*an tyran odienx trop zélé défenseur ?

Qui peut donc pour Electre attendrir votre cœur? Pouvez-Yous Uen encor plaindre ma destinée , Tout rempli de Tespoir d*un fatal hyménée ?

TTDi£.

£h ! que diriez-vous donc si mon indigne cour De ses coupables feux tous découvrait l*horreur ? De quel œil verriez-vous Tardeur qui me possède , Si vous voyiez en moi le fils de Palamède ?

iLECTRE.

De Palamède ! vous ? Qa*ai-je entendu , grands dieux I

Mais vous ne l'êtes point, Tydée est vertueux:

Il n*eùt point fait rougir les mânes de son père ;

Il n'aurait point trahi Tamitié de mon frère ,

Ma vengeance, mes pleurs , ni le sang dont il sort.

Si vous étiez Tydée , Égisthe serait mort :

Bien loin de consentir à l*hymen de sa fille , /

Il eût de ce tyran immolé la famille.

De Tydée , il est vrai , vous avez la valeur;

Mais vous n'en avez pas la vertu ni le cœur.

TTDÉB.

A mes remords du moins faites grâce , Madame. Il est vrai , j*ai brûlé d'une coupable flamme ; 11 n'est point de devoirs plus sacrés que les miens : Mais l'amour connaît-il d'autres droits que les siens ? lïe me reprochez point le feu qui me dévore ,

i«m.jiiiiPw>^H«^v ■ juiJ^v

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