ELECTRE, TYDÉE
TTDéx , à lui-même.
Mjlis quel objet se présente à mes yeux?
Dieux! quels tristes accena font retentir ces lieux 1 C'est une esclave en pleurs ; hélas ! qtt*elle a de charme»! Que mon ame en secret s'attendrit à ies larmes ! Que je me sens toueké de ses gémissemens !
Ah! que les malheureux éprouvent de tourmens!
BLECTRB , à part.
Dieux puissans , qui l'avez si long-temps poursuivie , Épargnez-vous encore une mourante rie ?
Je ne le verrai plus 1 inexorables dieux.
D'une éternelle nuit couvrez mes txistes yeux.
f^^mm^^m^mmmmmm
'XCTEIII, SCENE II. ïi9
TTIXEE.
i« saas qu'a votre sort la pitié m*iotére&$e.
Ne pourrai-je savoir quelle douleur voi^s presse ?
ÂLECTRS.
flélas ! qui ne connaît mon nom et mes. malheurs ? Et qui peut ignorer le sujet de mes pleurs ?
Un désespoir affreux est tout ce qui me reste. O déplorable sang ! ô malheureux Oreste !
TTDÉB.
Ah ! juste ciel 1 quel nom avez-vous prononcé ! A vos pleurs, à ce nom , que moi^ cœur est pressé ! Qu'il porte à ma pitié de sensibles atteintes ! Ah I je vous reconnais à de si tendres plaintes. Malheureuse princesse , est-ce vous que je voi? Electre , en quel état vous offrez^vous a moi ?
ZLEGTRE.
Et qui donc s'attendrit pour une infortunée , A la fureur d'Égistbe , aux fers abandonnée ? Mais Oreste , Seigneur , vous était-il conuu ? A mes pleurs, à son nom, votre cceur s'est ému.
TYDSE.
D ieux ! s'il m'était connu ! Mais dois-je vous l'apprendre , Après avoir trahi l'amitié la plus tendre ?
. Dieux ! s'il m'était connu ce prince généreux ! Ah Madame ! c'est moi qui de son sort affreux Tiens de répandre ici la funeste nouvelle.
il.EGTRE.
Il est donc vrai , Seigneur 7 et la Parque cruelle M'a ravi de mes v<enx «t l'eepoir et le prix ?
3to ELECTRE.
Mais , quel étonoement rient frapper mes esprits ! Vous qui montrez an cœnr à mes plenrs si sensflile , IN'éteS'Tous pas. Seigneur» ce guerrier invincible, D*an tyran odienx trop zélé défenseur ?
Qui peut donc pour Electre attendrir votre cœur? Pouvez-Yous Uen encor plaindre ma destinée , Tout rempli de Tespoir d*un fatal hyménée ?
TTDi£.
£h ! que diriez-vous donc si mon indigne cour De ses coupables feux tous découvrait l*horreur ? De quel œil verriez-vous Tardeur qui me possède , Si vous voyiez en moi le fils de Palamède ?
iLECTRE.
De Palamède ! vous ? Qa*ai-je entendu , grands dieux I
Mais vous ne l'êtes point, Tydée est vertueux:
Il n*eùt point fait rougir les mânes de son père ;
Il n'aurait point trahi Tamitié de mon frère ,
Ma vengeance, mes pleurs , ni le sang dont il sort.
Si vous étiez Tydée , Égisthe serait mort :
Bien loin de consentir à l*hymen de sa fille , /
Il eût de ce tyran immolé la famille.
De Tydée , il est vrai , vous avez la valeur;
Mais vous n'en avez pas la vertu ni le cœur.
TTDÉB.
A mes remords du moins faites grâce , Madame. Il est vrai , j*ai brûlé d'une coupable flamme ; 11 n'est point de devoirs plus sacrés que les miens : Mais l'amour connaît-il d'autres droits que les siens ? lïe me reprochez point le feu qui me dévore ,
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