SCENE V
PALAMEDE , TYDÉE.
TYDéE.
• Que vois-je? justes dieux !
O sort ! à ^es rigueurs quelle douceur succède ! O mon père ! est-ce vous ? est-ce vous , Palamède? '
PJLULMiDB.
Embrassei^moi , mon fils : après tant de malheurs , Qu'il m'est doux de revoir l'objet de tant de pleurs !
TTniE.
S'il est vrai que les biens qu! nous coûtent des larmes Doivent pour un cœur tendre avoir le plus de charmes , Hélas ! après les pleurs que j'ai versés pour vous , Que cet heureux instant me doit être bien doux ! Ah Seigneur! qui m'eût dit qu'au moment qa'un oracl« Semblait mettre à mes voeux un étemel obstacle ,
ïi6 ELECTRE.
Palamède à mes yeux s'offrirait aujourd'hui , Malgré le sort affreux dont j*ai tremblé pour lui? Est-ce ainsi que des dieux la suprême sagesse Doit brayer des mortels la crédule faiblesse ? Mais puisqu'enfin ici j'ai pu vous retrouver. Se vois bien que le ciel ne veut que m*épromver : Qu'avec vous sa bonté va désormais me rendre Un ami qu'avec vous je n'osais plus attendre. Mais vous versez des pleurs ! Ah I n'est'Ce que pour lui Que les dieux sans détour s'expliquent aujourd'hui ?
If 'accusez point des dieux la sagesse suprême ; Croyez , mon fils , croyez qu'elle est toujours la même! Gardons-nous de vouloir, faibles et curieux , Pénétrer des secrets qu'ils voilent à nos yeux. Ils ont du moisis parlé sans détour str Oreste ; Un triste souvenir est tout ce qui m'en reste. J'ai vu ses yeux couverts des hprreurs du trépas ; Je l'ai tenu long-temps mourantentre mes bras. Sa perte de la mienne allait être suivie , Si l'intérêt d'un fiU n'eût cooservé ma vie ; Si j'eusse, dans l'horreur d'un transport furieux , Soupçonné, comme vous , la sagesse des dieux. Conduit par elle seule au sein de la Phocide , Cette même sagesse auprès de vous me guide; Trop heureux désormais si le sort moins jaloux M'eût rendu tput entier mon espoir le plus doux! Mais , hélas I que le ciel , qui vers vous me renvoie ,