‹ Œuvres de CrébillonChapitre 135 sur 158 · ACTE m, SCENE V · texte numérisé non relu

ACTE m, SCENE V

Mêle dans ce moment d'amertume à ma joie !

D*un fils que J'admirais que mon fiUest changé! Tydée , Oreste est mort : Ores te est-il vengé ? Depuis quel temps , si près de Tobjet de ma haine , Arrétez-Tous tos pas à la cour de Mjcèue?

Arcas ne m*a poiat dit que vous fussiez ici : Mon fils , d'où vient qu' Arcas n'en est point éclairci?' Pourquoi ne le point voir ? Vous connaissez son zèle ; Deviez-vons vous cacher à cet ami fidèle ?

Parlez enfin , quel sqin vous retient en des lieux Qù vous n'osez punir un tyran odieux ?

TYDÉE

Prévenu des malheurs d'une tête si chère.

Ma première vengeance était due à mon père...^ Mais » Seigneur, n'est-ce point danç ces funestes liens Trop exposer des jours qu'ont respectés les dieux ? li'est'Ce point tropcompter sur un^ longue absence» Que d'oser s'y montrer avec tant d'assurance ?

Mon fils , j'ai tout prévu ; calmez ce vain effroi : C*est à mes ennemis à trembler, non à mot.

£h ! comment en ces lienx craîndrais-je de paraître, Moi que d'abord Arcas a paru méconnaître , Moi que devance ici le bruit de mon trépas , Moi dont enfin le ciel semble guider les pas ? D'ailleurs , un sang si cher m'appelle à sa défense , Que tout cède en mon cœur au soin de ma vengeance. IdA soeur d'Oreste , en proie à ses persécuteurs ,

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Doit , ce jour« éprouver le comble des horreurs. Je riens, contre un tyran prêt- à tout entreprendre, Recoanaitre les lieux où je yeux le surprendre. Puisqu'il faut Timmoler ou périr cette nuit , QuUmporte.à mes desseins le péril qui me suit ? Mon fils , si même ardeur eût guidé votre audace , Vous n*auriez pas pour moi ce souci qui tous glace. Comment dois-je expliquer vos regards interdits ? Je ne trouve partout que des cœurs attiédis , Que des amis troublés , sans force et sans courage , Accoutumés au joug d*un honteux esclavage.

Par ma présence en vain j*ai cru les rassembler;

Un guerrier les retient , et les fait tous trembler.

Mais moi , seul au-dessus d*ttne crainte si vaine ,

Je prétends immoler ce guerrier à ma haine ;

C'est par-là que je veux signaler mon retour.

Un défenseur d*Egisthe est indigne du jour.

Parlez , connaissez- vous ce guerrier redoutable ,

Pour le tyiran d^Argos rempart impénétrable ?

Pourquoi sous vos efforts n*a«t-il pas succombé ?

Parlez , mon fib ; qui peut vous Tavoir dérobé ?

Votre hante valeur, désormais ralentie ,

Pour lui seul aujourd'hui s'est-elle démentie ?

Vous rougissez , Tydée ! Ah ! quel est mon effroi !

Je vous l'ordonne enfin , parlez , répondez-moi :

D'un désordre si grand que faut-il que je pense ?

TTDJ&B.

Ne pénétrez-vous point un si trbte silence ?

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