‹ Œuvres de CrébillonChapitre 143 sur 158 · ACTE IV , SCENE II · texte numérisé non relu

ACTE IV , SCENE II

Qui TeAt orné d'un fer ? qnel autre que mon frère L'eAt osé consacrer aux mânes de mon père ?

Mais quoi! vous vous troublez! Ah! mon frère est ici. Hélas ! qui mieux que tous en doit être éclairci ? Ile me le cachez point , Oreste vit encore.

Pourquoi me fuir? pourquoi vouloir que je l'ignore ? J*aime Oreste , Seigneur; un malheureux amour 19*a pu de mon esprit le bannir un seul jour: Kien n'égale l*ardeur qui pour lui m'intéresse* Si TOUS anTiez pour lui jusqu'où va ma tendresse. Votre ccBur frémirait de l'état où je suis , Et TOUS termineriez mon trouble et mes ennuis. Hélas ! depuis vingt ans que j'ai perdu mon père , K'ai-je donc pas assez éprouvé de misère ?

Esclave dans des lieux d'où le plus grand des rois X l'univers entier semblait donner des lois , Qu'a fait aux dieux cruels sa malheureuse fille ? Quel crime contre Electre arme enfin sa famille ? Une mère en fureur la hait et la poursuit; Ou son frère n'est plus , ou le cruel la fuit. Ab l' donnez-moi la mort > on me rendez Oreste; Rendez-moi , par pitié , le seul bien qui me reste.

ORESTE

Eb bien ! il vit encore ; il est même en ces lieux. Gardez-vous cependant...

iLSCTRE.

Qu'il paraisse à mes yeux.

Oreste , se pent-il qu'Electre te revoie ?

Montres-le-moi , dussé-je en expirer de joie.

gi ■■) ^V ■ I •'

i38 ELECTRE.

MaU , hélas ! n*Mt-ce point lui-même qa« je toi ?

C'est Orette, c*eat lui, c*e«t mon frère et mon roi.

Aux transports qu'en œo^ cœur son aspect a fait nattre ,

Ab ! comment ai long*temps Tai-je pu méconnattre ?...

Je TOUS rerois enfin , cher objet de mes vœux !

Momens tant souhaités! 6 jour trois fois beurenx!...

Voua vous attendrissez; je vois couler vos larmes.

Ab Seigneur! que ces pleurs pour Electre ont de charmes!

Que ces traits , ces regards , pour elle ont de douceur !

C'est donc vous que j'embrasse , 6 mon frère !^

ORESTX.

Ah ma sttur !

Mon amitié trahit nn important mystère.

Mais , hélas l que né peut Electre aur son frère ?

ELSCTHB.

Est-ce de moi , cruel , qu'il faut Tons défier , D'une sœur qui voudrait tout yons sacrifier?

Et quelle autre amitié fut jamais ai parfaite ? '

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