‹ Œuvres de CrébillonChapitre 15 sur 158 · ACTE II , SCENE II · texte numérisé non relu

ACTE II , SCENE II

ToQt son sang cependant n*est pas encor yersé.... Qoe sa mort fût enfin injuste ou légitime , Auprès de moi du moins songez qu'elle est un crime: Mon courroux là-dessus ne connaît point de loi Qui puisse dans mon cœur justifier un roi.

De maximes d'état colorant ce supplice , Vous prétendez eu yain couvrir Totre injustice : Le ciel , qui contre tous semble avec moi s*unir. De ce crime odieux va bientôt tous punir:

Contre tous dès long-temps un orage s'apprête ; De mes pleurs chaque jour je grossis la tempête. Jouissent les justes dieux, sensibles à mes pleurs , A mon juste courroux égaler vos malheurs!

El puissé-je à regret voir que tonte ma haine Toudrait en Tain y joindre une nouvelle peine ?

iDOMÉiriz.

Ah ! Madame , cessez de si fîanestes tcbux ; IToffrez point à nos maux un cœur si rigoureux. Vous ignorez encor ce que peuvent vos larmes : Ne prêtez point aux dieux de si terribles armes , Belle Érixèae ; enfin , n'exigez plus rien d'eux. Non , jamais il ne fut un roi plus malheureux : Du destin ennemi je n*ai plus rien à craindre : répronye des malheurs dont tous pourriez me plaindre. Ces beaux yeux, sans pitié qui pourraient Voir ma morf , Ne refuseraient pas dés larmes à mon sorlb Sur mon peuple des dieux la fureur implacable Des maux que je ressens est le moins redoutable ; Sar le sang de Miaos un dieu toujours vengeur

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A CMhé iM pla« grand* dans le fond de mon ccnnr. Objet infortuné d'une longue yengeance , J'oppoM à me» malheuM une longue constance; Mon cœur sans s'émouvoir les verrait en ce joor, S*il n'eàt brélé pour Toii* 4'u» malHeureu^ «movr.

É&IXÀITK.

Citait donc pen, cruell qu'avec ignominie

Mon père eût terminé sa déplorable vie ;

Ce n'était point asse» que votre bras sanglant

Eût jeté dan» les miens Mérion expirant :

D« son sang malheureu» votre courroux funeste

Vient jusque dans mon cœurpoursuirreencor le reste ?

Oui, tyran, cet «uno^ir dont brûle votre cœur

K'e»t contre tout mon sang qu'un reste de fureur.

XPOVilTBB.

Le reste de ce sang m'«»k pl«« cher que la vie :

Souffrez qu'un tendre ^imour me le réconcilie.

Madame , je Vftimai , je vous l'ai déjà dit ;

Songez que Mérion lui-même se perdit....

Quoi 1 rien ne peut fléchir TOtre injuste colère !

Trouverai-je partoni le cœur de votre père?

Sa révolte à tos yeux c»fc-elle tant d'attraiu ?

Mon amour anra-t-il le sort de mes bienfait» ?

Vous verrai^e, au moment que cet *mour tqus flatte, Achever Us forfait» d'une famille ingrate?

saixàirs.

Àcbew des foffait» 1 Ce»t w »ang de U'mt»

A savoir le» combler, no» «a »»ng d'un Uéro^

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