‹ Œuvres de CrébillonChapitre 150 sur 158 · ACTE IV , SCENE î V · texte numérisé non relu

ACTE IV , SCENE î V

Que €*ést da moins ponir à l'exemple des dieux. Mais je rois que Thouneur, qui yous eu sollicite , De nos amis en vain rassemble ici Félite :

C'en est fait ; de ce pas je Tai% les disperser. Et couserver ce sang que tous n*osez verser.

En effet , que m'importe à moi de le répandte ? Ce n'est point malgré tous que je dois l'eutreprendre. Pour Tenger vos affronts j'ai fait ce que j'ai pu ; Mais Yoiis n'avez point fait ce que tous avez dû.

iLECTBS.

Ab ! Seigneur, arrêtez ; remplissez ma vengeance ; Je sens de vos soupçons que ma vertu s'offense. Percez le cœur d'Itys , mais respectez le mien : II n'est point retenu par un honteux lien ; fit quoique ma pitié fasse pour le défendre Tout ce qu'eût fait l'amour sur le cœur le plus tendre » ^Ce feu , ce même feu dont vous me soupçonnez , Loin d'arrêter, Seigneur....

Pl.Ll.MiDB.

Madame , pardonnez.

J'ai peut-être à vos yeux poussé trop loin mon zèle : Mais tel est de mon cœur l'empressement fidèle. Je ne bai/ point Itys , et sa fière valeur Pourra seule aujourd'hui faire tout son malheur. Oreste est généreux ; il peut lui faire grâce , J'y consens ; mais d'Itys vous connaissez l'audace ; Il défendra le sang qu*on va faire couler :

Cependant il noua faut périr on l'immoler.

a44 ELECTRE.

Et ce n'tst qu*aax autels qa^arec qaelqaé avantage On peut ja«qa*aa tyran espérer an passage.

La garde qui le sait , trop forte en ce palais , Rend le combat douteux , encor plos le succès , Puisque Totre ennemi pourrait enoor sans peine p Quoiqi^e vaiocu, saurer ses jours de Totre haine. Mais ailleurs , malgré lui par la foule pressé, Yons le Terrez bientôt à vos pieds rea versé.

oaxsTB.

Tenez , Seigneur, venez : si Tamonr est nn crime , Vous verrez que mon cœur est la seule victime; Qu'il peut bien quelquefois toucher les malheureux. Mais qn*il est sans pouvoir sur les cœurs généreux.

PÀLÀlfàDS.

Il est vrai , j'ai tout craint du feu qui voua anime; Mais j*ai tout espéré d'un cttur si magnanime ;. Et je connais trop bien le sang d'Agamemnon , Pour soupçonner qu'Oreste en démente le nom.

Mon cœur, qûoiqu'alarmé des sentimens du vôtre, N*en présumait pas moins et de l'un et de l'autre. Si de votre vertu ce cœur a pu douter.

Mes soupçons n'ont servi qu'à la faire éclater. Mais , pour mieux signaler ce que j'en dois%ttendre , Après moi chez Arcas , Seigneur, daignez vous rendre : Tous me verrez bientôt expirer à vos yeux , Ou venger d'un cruel, vous , Electre, et les dieux.

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