‹ Œuvres de CrébillonChapitre 153 sur 158 · ELECTRE , ITYS · texte numérisé non relu

ELECTRE , ITYS

ITY8.

PiiTiTai d'an intlheur où mon cœur sHntéresse , If'est-il enfin permis de revoir ma princesse ? ^ Si j'en crois les apprêts qui se font en ces lieux , Je puis donc sans l'aigrir m'offrir à ses beaux yeui ! Quelque prix qu'on prépare au feu qui me dévore , Malgré tout mon espoir, que je les crains encore ! Dieux I se peut-il qu'Electre» après tant de rigueurs , Daigne choisir ma main pour essuyer ses pleurs ? Est-ce elle qui m'élève à ce comble de gloire ? Mon bonheur est si grand , que je ne puis le croire. Ah ! Madame, à qui dois-je un bien si doux pour moi ? Amour, fais, s'il se peut, qu'il né soit dû qu'à toi! Electre, s'il est vrai qpie tant d'ardeur vous touche» Confirmes notre hymen d'un mot de votre bouche ;>

Laùaes-moi, dans ces yeux 4e mon bonbeur jaloux ,

Lire an mûins an aveu qui me fait ▼t>tre ^oux.

Quoi I TOUS le* détournez ! Dieux ! quel affreux silence!

Ma princesse , parles : yous £ait-on Tioleace ?

De tout ce que je Yois que je me sens troubler !

Àh ! ne me cncbex point tos pleurs prêts à couler.

Confiez à ma foi le secret de tos larmes ;

n'en craignez rien : ce cœur , quoiqb*épris de yos charmes,

I9*abusera jamais d*an pouvoir odieux.

Madame, par pitié , tournez Ters^moi les jeux.

C'en est trop : je pénètre un mystère funeste ;

Tons cédez au destin qui tous enlère Oreste ;

Tons croyez désormûs que pour vous aujourd'hui

L'unirers tout entier doit périr avec lui.

Votre cœur cependant , à sa haine fidèle ,

Accablé des rigueurs d*une mère cruelle »

A« moment que je crois qu'il s'attendrit pour moi ,

M'abhorre, et ne se rend qu'aux menaces 4u roi.

ÂLtCTBX.

Fils d'Égistbc, reviens d'un soupçon qui me blesse : Electre ne connaît ni crainte ni faiblesse; 3on cœur, dont rien ne peut abaisser la fierté , Même au milieu des fers agit en liberté.

Quelque appui que le sort m'enlève dans mon frère, Jt crains plus tes vertus que les fers ni ton père. Ne crois pas qu'un tyran ppur toi puisse eu ce jour Ce que ne pourrait pas on l'estime , ou l'amour. Kon , quel que soit le sang qui coule dans tes veines. Je ne t'impnte rien de Fborreur de mes peines ;

ACTEV, SCENE IL 349

Je ne pais roir en toi qn*un prince généreux

Que , de tout mon pouroir, je roudrais rendre heureux.

Non , je ne te hais point : je serais inhuoiaioe

Si je pouvais payer tant d amour de ma haine.

ITYS

Je ne suis point bai ! Comblez donc tous les vœux Du coeur le plus fidèle et le plus amoureux.

Vous n*avez plus de haine ! £h bien ! qui tous arrête ? Les autels sont parés , et la victime est prête : Venez , sans différer, par des nœuds étemels , Vous unir à mon sort aux pieds des immortels. Égisthe doit bientôt 7 conduire la reine ; Souffrez que sur leurs pas mon amour vÀus entraîne : On n*attend plus que vous.

^LKCTRB , à part.

On n'attend plus que moi!

Dieux cruels ! que ce mot redouble mon effroi !

(kauL) Quoi ! tOQt est prêt , Seigneur ?

ITTS.

Oui , ma chère princesse.

XLXCTAK.

Hélas!

ZTTS.

Àh I dissipez cette sombre tristesse.

Vos yeux d*assez de pleurs ont arrosé ces lieux : Livrez-Tous à Tépoux qne tous offrent les dieux. Soogez que cet hymen ya finir tos misères ; Qu'il tous fait remonter au trône de tos pères ;

aSo ELECTRE.

Que loi seal peat briser tos iudigaes liens , Et terminer les maux qui redoublent les miens. Le plus grand de mes soins , dans Tardeur qui m'anime , Est de TOUS arracher au sort qui tous opprime. Mycèaes tous déplaît : eh bien ! j*en sortirai ; Content du nom d*ëpoux , partout je tous snirrai , Trop heureux, pour tout prix du feu qui me consume. Si je puis de tos pleurs adoucir l'amertume ! Aussi touché que tous du destin d'un héros..*.

iLECTRE.

Hélas ! que ne fait-il le plus grand de mes maux ! Et que ce triste hymen où ton amour aspire.... Cet h3rm«n.... Non , Itys , je ne puis y souscrire. J'ai promis ; cependant je ne puis TacheTer.

Ton père est aux autels , je m'en Tais l'y trouTer ; Attends*moi dans ces lieux.

ITY».

Et TOUS êtes sans haine!

Aux autels , quoi ! sans moi ? Demeurez , inhumaine : Demeurez , ou bientôt d'un amant odieux Ma main fera couler tout le sang à tos yeux.

Vous gardiez donc ce prix à ma perséTerance ?

ÉLKCTAX.

Ah ! plus tu m'attendris, moins notre hymen s'ayance.

ITTS , se Jetant à ses genoux.

Quoi! TOUS m'abandonnez à mes cruels transports I

iLXCTRK.

Que fais-tu , malheureux f Laisse-moi mes remords ; Lère-toi : ce n'est point la haine qui me guide.

ACTEV, SCENE III. sSi

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