ACTE I, SCENE m
SURISTHilfE.
Quoi! Seigneur, sans frémir du transport qui tous guide. Tons pourriez réserrer Pliathène au parricide ? -^
j Pni, j e yeux que ce fruit d'un amour odieux
Signale quelque jour ma fureur en cet lieux ;
Sons le nom de mon fib* utile à ma colère »
Qn*il porte le poignard dans le sein de son père ; Que Thyeste en mourant , de son malheur instruit , De ses lâches amours reconnaisse le frnit.
Oui, je veux que, baigné dans le sang de ce traître , Plisthène Terse nn jour le sang qui Ta fait naître , Et que le sien après , par mes mains répandu , Dans sa source à l'instant se trouve confondu. Contre Thyeste enfin tout parait légitime.
Je n*arme contre lui que le fruit de son crime : Son forfait mit au jour ce prince malheureux ; Il faut, par un forfait, les en prirer tous deux. Thyeste est sans soupçons, et s^ ame abusée ' IVe me croit occupé que de Tile d*£ubée :
Je ne suis en effet descendu dans ces lieux Que pour mieux dérober mon secret à ses yeux. Athèms , disposée à servir ma vengeance , Avec moi dès-long temps agit d'intelligence ; Et son roi ,.craiguant tout de ma juste fureur. De son nom seulement cherche à couvrir l'honneur. Du jour que mes vaisseaux tuenaceront Athènes , De ce jour tu verras Thyeste daas mes chaînes : Ma flotte me répond de ce qu'on m*a promis ;
I« XO
iiQ ATHÉE ET THYESTEe
Je répondrai bientôt et du père et du fiU.
EDRISTHEXrX.
£h bien ! sur TOtre frère épuisez TOtre haine : Mais du moins épargnez les Tertus de Plistlièn».
ATKKE.
Plisthène » né d*nn sang au crime accoutumé , Vie démentira point le sang qui Ta formé ; Et comme il a déjà tous les traits de sa mère » Il aurait quelque jour les yices de son père. Quel peut être le fruit d'un couple incestueux ? Moi-même j'avais cru Thyeste vertueux :
Il m'a trompé } son fils me tromperait de même. D'ailleurs ) il lui faudrait laisser mon diadème; Xe titre de mon fils Passure de ce rang :
En faadra<t-il pour lui priver mon propre sang ? Que dis-je , pour venger l'affront le plus funeste. En dépouiller mes iGlls pour le fils de Thye&te ? Cest ma seule fureur qui prolonge ses jours ; Il est temps désormais qu'elle en tranche le cours. Je veux y par les forfaits où. ma haine me livre , Me payer des niomens que je l'ai laissé vivre. Que l'on approuve ou non un dessein si fatal ^ Il m'est doux de verser tout le sang d'un rival....