‹ Œuvres de CrébillonChapitre 89 sur 158 · LÉONIDE · texte numérisé non relu

LÉONIDE

ri.I8TBXHE.

Mais que Tols-je, Thessandre? 6 ciel! quelle est ma joie 1

(À Théodamia.) Se penf-il qu'en ces lieux Plisthène tous revoie ? Unique objet des soins de mon cœur éperdu »

. Hélas 1 par quel bonheur nous étes-Tous rendu ? <(^noiI c'est tous, ma Princesse! Ah! ma fureur calmée Fait place à la douceur dont mon ame est charmée. Dieux ! qu*allais-je tenter?... Mais quel est Totre efiroi ? Qui fait couler tos pleurs ? et qu'est-ce que je Toi ?

TB£ODA.MII.

Seigneur, tous me voyez les yeux baignés de larmes ,

Et le cœur agité des plus vires alarmes.

Thyeste Ta bientôt ensanglanter ces iienx ,

Si TOUS ne retenez ce prince furieux.

Trop sur que TOtre mort, que la sienne est jurée»

Il Teut la prévenir par la perte d'Atrée .*

i54 ATfeÊE ET THYESTÊ.

Il erre en ce palaib dans ce cruel dessein ,

Tout ptêt à lui plonger un poignard dans le ««in.

Il est perdu. Seigneur, ce prince qui tous aime.

Si vous ne le Saurèt d'Atrée ou de lui-même.

Il Toit de tons côtés qu*oa obserire ses pki i

Ij^ péril cependant ne l'épouvante pas.

Si la pitié pour nous peut émouvoir votre ame. ,

Si moi-même en secret J'appt^uvai votre flamme,

S*il est vrai que l'amour ait pu vous attendrir,

Au nom de cet hmour, daignez le secourir.

Je vous dirais qu'un tcbvtt plein de reconnaissance

D^un service si grand sera la récompense ,

S'il avait attendu que tafat de soins pour nous

Tinssent justifier ce qu'il sentait pour tout.

FLISTHÈltE.

Dissipez fbi frayeurs et calmez vOft alarfnes ;

Vos yeux , pour m'attendrir, n*ont pas besoin de larmes.

Hélab! qui plus que moi doit plaindre tos malheurs?

JCe craignez rien : mes soins ont prévenu ^08 pleurs.

De ces funestes lient votre fuite assurée

Ta vous mettre à couvert des cruautés d*Atré« ;

Et je vaiâ , s'il le faut , aux dépens de ma foi ,

Prouver à vos beaux yeux ce qu'ils peuvent sur moi.

Oui , croyez-en ces dieux que mon amour atteste ,

Croyez-en ces garans du salut de Thyeste ,

Il m'est plus cher qu'à vous : sans ine donner la mort ,

Le roi ne sera point l'arbitre de son sort.

Totre père vivra , vous vivrez , et Plisthènè

N*aara point eu pour rùti» une tendreiie iraitie.

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