‹ uvres de Dante AlighieriChapitre 61 sur 106 · LE PURGATOIRE. CHANT XXIX · texte numérisé non relu

LE PURGATOIRE. CHANT XXIX

laire, et Je ne crois pas que mes paroles te seront moins chères, si pour toi elles s'étendent ainsi au delà de mes promesses.

» Les poètes qui vantèrent anciennement Tâge d'or et son état heureux ont peut-être rêvé ce lieu sur le Parnasse.

» Ici la tige humaine s'éleva innocente ; ici réternel printemps et tous les fruits; ici le nectar dont chacun parle. »

Alors je me retournai tout entier vers mes poêles *, et je ▼is qu'ils avaient entendu avec un sourire cette dernière explication :

Alors je ramenai mes yeux vers la belle femme.

CHANT XXIX

lit poète raconte qa'en suivant avec Mathil<le les bords du fleuve Lëthé, il vit daM la forêt une ardente iumicre, et entendit dans l'air une me'lodie suave ; puis, ee fut une procession dans laquelle on Griffon traînait un cbar triomphal. Arrive e« face de Dante, le Grillon avec tout son cortège s'arrêta.

Chantant comme une dame énamourée, et faisant succéder un verset nouveau à celui qui finissait, elle entonna Beali quotum tecla sunt peccala * ;

Puis, comme des nymphes qui s'en vont seules par les ombrages des forêts, désireuses, l'une de fuir, l'autre de voir le soleil.

Elle s'avança contre le cours du fleuve en marchant sur la rive, et moi, me réglant sur elle, je la suivais à petits pas.

Nous n'avions point achevé cent pas à nous deux, quand les rives tournèrent également, de sorte qu'elles me replacèrent du côté du levant.

Et notre route ne durait pas ainsi depuis longtemps, quand la dame se tourna tout entière vers moi, en disant : « Mon frère, regarde et écoute. »

• Virgile et Stacc.

•Psaume xxxi : < Heureux ceui-Li dont le* péciiM Mal tÊlokéêf «'aai^iklN «Mois ; » car ils sont sortis du Parfaloire.

Et voici qu'une lueur subite parcourut la grande forôt dam toutes ses parties, si brillante, que je doutai si ce n'était pas un éclair.

Mais comme l'éclair passe aussi vite qu'il vient, et que celte lumière, tout en durant, resplendissait de plus en plus, je disais dans ma pensée : « Qu'est ceci ? »

Et une douce mélodie courait dans l'air lumiueux; alors un bon zèle me fit blâmer la hardiesse d'Eve;

Puisque là où la terre et le ciel obéissaient, cette femme feule, et qui venait à peine d'être formée, ne put souffrir de rester sous quelque voile ;

Et sous ce voile, si elle était restée avec résignation, j'aurais plus tôt et plus longtemps senti ces ineffables délices.

Tandis qu'à travers ces gi*andes prémices de l'éternel plaisir, je m'en allais tout interdit, et désireux encore dt plus de liesse.

Devant nous, l'air, paieil à un grand feu, se montra tout embrasé sous les verts rameaux, et le doux son que nous avions déjà entendu devint un chant clair et distinct.

0 vierges sacro-saintes, si jamais j'ai souffert pour vous la faim , le froid et les veilles, la nécessité me force d'implorer votre secours.

Il faut que rilélicon verse en moi ses eaux, et que le chœur dUranie m'aide à mettre en vers des choses difficiles à concevoir.

Je crus ensuite distinguer sept arbres d'or *, trompé par la grande distance qui était encore entre nous et le nouvel objet;

Mais quand je fus si rapproché que l'objet commun sur lequel se trompe le sens, ne pouvait, par l'éloignement, perdre aucun de ses effets,

La vertu, qui allie le discours à la raison, me décou^Tit que c'étaient des candélabres, et que les voix chantaient Hosanna *.

8ymb(;lc des sept grAcos lic l'Espril-Sairii.

ma, ({«i veut dire : raU-iiou* tauft, ov vivifie. (GruigiM.I

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