‹ uvres de Dante AlighieriChapitre 65 sur 106 · LE PURGATOIRE = CHANT XXXII · texte numérisé non relu

LE PURGATOIRE = CHANT XXXII

aeià dos murailles : ainsi le divin sourire de ma Dame ra'altirait à lui avec ses anciens filets.

Alors, mon visage fut tourné forcément à gauche, par le« déesses qui disaior.l : a II regarde trop fixement ! »

Et cette (iiiîi'osition gênante, qui est dans les yeux lors- <|irils viennent d'être frappés par le soleil, me laissa quelque temps privé de la vue;

Mais lorsqu'ils se furent remis devant une petite splendeur (je dis petite, la comparant à la grande lumière dont je me séparai par force),

Je vis que la glorieuse armée avait tourné à main droite, et qu'en marchant elle avait le soleil et les sept flammes en face.

Comme sous ses boucliers qui protègent son salut, un bataillon se range et se tourne peu à peu avec son enseigne avant que son mouvement soit entièrement achevé.

Ainsi la milice du céleste royaume, qui précédait le char , défila tout entière avant que le char eût tourné sor timon.

Ensuite les femmes se replacèrent près des roues , et le Griffon mit en mouvement le char béni, bien qu'aucune de ses plumes ne se fût agitée.

La belle Dame qui m'avait fait passer le fleuve, et Stace et moi, nous suivîmes la roue qui décrivit le plus petit cercle.

En parcourant ainsi la haute forêt (déserte par la faute de celle qui crut le serpent), nous sentions nos pas réglés par des chants angéliques.

Peut-être une flèche, libre de son frein, parcourt en troii volées autant d'espace que nous en avions achevé, quand liéatricc descendit.

J^entendis que tous murmuraient : « Adam. » Ensuite iJi entourèrent un arbre dépouillé de fleurs et de fcuillagf dans tous ses rameaux.

Sa cime chevelue, qui s'étend d'autant plus qu'elle s'élève plus haut, serait, par sa hauteur, admirée des Indiens dans leurs forêts.

« Sois heureux, Grifl'on, ô toi qui ne d^cl liras pas de ton bec cet arbre, doux au goût, quoiqu'il en arrivât mal âu ventre à qui s'en approcha ! »

Ainsi aiitoui- de l'arbre robuste cria le corldge, et l'aninaaî à double nature répondait : « Ainsi se conserve la semence de toute justice. »

Alors s'étant tourné vers le timon qu'il avait tiré, le Griffon le traîna au pied de l'arbre veuf de ses feuilles, et il laissa à cet arbre le char qui en était formé.

Comme nos plantes, lorsque la giande lumière tombe niélée à celle qui rayonne derrière le céleste F^oisson,

Se couvrent de bourgeons et renouvellent chacune leur couleur avant que le soleil attelle ses comsiers sous une autre étoile,

Ainsi, reprenant ses couleurs, moins vives que celles de la rose, mais pius vives que celles de la violette, se raviva l'arbre dont les rameaux étaient auparavant si dépouillés.

Je n'ai pas entendu l'hymne que cette gent chanta alors (ici-bas on ne le chante point), et je ne pus supporter l'air tout entier.

Si je pouvais retracer comment s'endormirent les yeux impitoyables d'Argus en écoutant les aventures de Syrini, ces yeux à qui leur trop grande vigilance coûta si cher.

Comme un peintre qui peint d'après un modèle, je retracerais comme je m'endormis; mais (jue celui-là veuille le faire qui sait bien représenter le sommeil.

Je passe donc au moment où je me réveillai, et je dis qu'une splendeur perça le voile de mon sommeil, et une voix me cria : « Lève-toi! que fais-tu? »

Tels qu'à la vue des douces tleurs du pommier, qui rend ^es anges avides de son fruit et fait les noces perpétuellei du ciel,

Pierre, Jean et Jacques, conduits sur le Thabor, et renversés devant l'éclat céleste, se relevèrent à la parole par laquelle des sommeils [>lus grands ont été rompus,

Ei virent alors que Moïse et i]lie avaient disparu, ei que la robe de leur maître avait changé de couleur;

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