‹ uvres de Dante AlighieriChapitre 93 sur 106 · LE PARADIS. CHANT XX · texte numérisé non relu

LE PARADIS. CHANT XX

pondit , pour ne pas me tenir plus longtemps dans Tétonnement :

« Je vois que tu crois cas choses parce que je les dîs, rr.ais tu n'en sais pas le pourquoi ; en sorte que pour être crues elles n'en sont pas moins cachées.

» Tu fais comme celui qui apprend bien la chose par son nom, mais n'en peut voir l'essence ^ si un autre ne l'explique.

» Regnum cœlorum cède à la violence d'un amour chaud et d'une vive espérance qui triomphent de la volonté divine.

» Non à la manière dont l'homme maîtrise l'homme; mais ils triomphent, parce qu'elle veut être vaincue j et, vaincue, elle triomphe par sa bonté.

» La première âme du sourcil et la cinquième te font l'émerveiller d'en voir ornée la région des anges.

» Elles ne sortirent pas de leurs corps païennes, comme tu crois, mais chrétiennes, ayartt fermement foi, l'une* aux pieds qui devaient souffrir, l'autre' aux pieds qui avaient souffert.

» L'une, sortie de l'enfer d'où l'on ne revient jamais à de bonnes intentions, reprit ses os, et ce fut le prix d'une vive espérance ;

» D'une vive espérance qui mit tant de force dans les prières faites à Dieu pour la ressusciter, que sa volonté en put être ébranlée.

» L'âme glorieuse dont je parle , revenue dans la chair oïl elle resta peu,, crut en celui qui pouvait l'assister;

w Et, croyant, s'embrasa d'un tel feu de véritable amour, qu'à la seconde mort elle fut digne de venir à cette fêle ;

» L'autre , par une grâce qui découle d'une fontaine si profonde que jamais créature n'enfonça l'œil au delà de sa surface,

» Mit là-bas tout son amour dans la droiture; c'est pourquoi de faveur en faveur Dieu ouvrit ses regards ; notre rédemption future;

• Riplic»'.

» Traj.-».

M4 ta. DIVINE rOMÉDlE.

» D'o 1 II crut en elle, et, dès lors, ne sonffrit plus lin. fection du paganisme; et 11 reprenait les gens pervers.

» Ces trois femmes* que tu as vues à la roue droite du char lui tinrent lieu de baptême plus de trois mille ans avant qu'on baptisât.

« 0 prédestination ! comme ta racine est éloignée de ces yeux qui ne voient pas la cause première Iota!

» Et vous, mortels, soyer retenus dans vos jugements; «p nous, qui voyons Dieu, nous ne connaissons pas encore tous les élus.

» Et une telle ignorance nous est douce, parce que notre bonheur s'accroît de ce bonheur, et que nous voulons ce que Dieu veut. »

Ainsi cette image divine , pour éclaircir ma courte vue, me donna ce doux remède.

Et, comme un bon joueur de cithare fait suivre à un bon chanteur la vibration de la corde , d'où le chant acquiert plus de charme.

Ainsi, tandis qu'elle parlait, je me souviens que je vis les deux lueurs bienheureuses, comme les paupières qu^ battent en même temps.

Jeter des éclairs au son des p&roles.

CHANT XXI

De U tpbère de Jupiter le poète monte à celle de Saturne, septième deL — I4f ceux qui t'adoonèrent à la vie cootempUtive forment une inimense échelle. — Stint Pierre Damieu répond à toatei le* quetUon da poète. — Satire» de Is BoUetae et do luse du clergé de son siècle.

Mes yeux élaîcnl de nouveau fixés sur le visage de me Dame, et mon âme avec eux, et mon attention s'était détournée de tout autre objet;

Et elle ne souriait pas. a Mais si je souriais, me dit-elle,

' Le« trod Veitus théo ogalc».

Page 1