DES NOUVEAUX ÉDITEURS
Cet Ottviage n*a point paru du vivant de Diderot ; voici ce qui donna lieu â sa publication :
Depuis long-temps on regrettait la perte d'un nouveau chant de Ver^Vert intitulé \Ouvroir, qui forme le complément du joli poème de Gresset , et qui manque encore â la littérature. On croyait que le prince Henri-de-Prusse , frère du grand Frédéric , était dépositaire de cette pièce et l'Institut national lui en avait demandé communication. Le prince ne possédait point ce manuscrit ; mais il avait offert un ouvrage inédit de Diderot, intitulé Jacques le FataKste. L'Institut ayant accepté cette offre obligeante , le prince Henri lui écrivit ;
K J'ai reçu la lettre que vous m'avez adressée. L'Institut « national ne me doit aucune reconnaissance pour le désir u sincère que j'ai eu de lui prouver mon estime : l'empres- K sèment que j'aurais eu de lui envoyer le manuscrit qu^il <c desirait , s^il eut été en ma puissance , en est le garant, u On ne peut pas rendre plus de justice aux grandes vues « qui l'animent pour mieux diriger les connaissances de K l'humanité.
« Je regrette la perte que fait la littérature de ne pouvoir ce jouir dès œuvres complètes de Gresset , cet auteur ayant ce une réputation si justement méritée. J'ai fait remettre K au citoyen Gaillard, ministre plénipotentiaire delà repuu blique française , le manuscrit de Jacques le Fataliste. « J'espère que l'Institut national en sera bientôt en posscs-
2 AYERTISSEMEIfT.
«< sion. Je suis , avec les sentiments qui tous sont dus,
(« votre affectionné ,
« Heitri. m
Noos avons placé à la page loa , une note qui explique comment ce manuscrit a pu se trouver entre les mains du prince Henri. Il est possible aussi qu'il ait été envoyé en Prusse avec la correspondance littéraire de Grimm.
La première édition de Jacques le Fataliste j faite sur le manuscrit , parut en Tan V ( 1796), à Paris , chez Buisson. Naigeon le réimprima dans les œuvres complètes de Diderot , qu'il pu))lia en 1798.
Cet ouvrage , objet de critiques et d'éloges , renferme \me foule de portraits : ik ne sont pa^ tous d'imagination , comme on pourrait le croire. Pour le prouver, il nous sufiira de signaler quelques uns des originaux. Le Père Ange que Ton y retrouve est bien ce même Carme qui fit tant de démarches pour attirer Diderot dans son Ordre. Les Mémoires Historiques disent comment y après avoir échoué dans ce projet , il se vengea de Diderot.
A la pagç 197, c'est un abbé philosophe qui ne tarda pas à prouver qu'il s'était reconnu , en publiant , dans les Opuscules philosophiques et littéraires , imprimés en 17916, ime diatribe sanglant^ contre l'auteur du portrait. Ce rapprochement est confirmé par une anecdote peu connue , que YùXi trouvera encore ilans les Mémoires.
Dans le cours de ce volume et à l'occasion d'autres personnages nous avons mis la lettre au bas du portrait.
lïous avons cru devoir indiquer dans les premières pages quelques unes des feutes grossières qui déparent plusieurs des éditions antérieures à la nôtre ; mais leur nombre infini nous a fait rejeter à la fin de ce voliune un tableau abiégé de ces fautes.
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