DE LA DÉCHARGE INDUITE DU SECOND ORDRE
Les principes auxquels nous a conduit l'étude des décharges induites du premier ordre permettent de prévoir les propriétés des décharges du second ordre. La décharge inverse et la décharge directe, qui constituent la décharge du premier ordre, doivent induire chacune deux décharges successives dans un conducteur voisin. Si Ton appelle toujours sens direct le sens de la décharge principale, et sens inverse le sens opposé, on peut dire qu'il y a dans la décharge du second ordre d'abord une décharge directe, puis deux décharges inverses, et enfin une décharge directe. La première décharge directe et la première décharge inverse sont induites par la décharge inverse du premier ordre, les deux suivantes par la décharge directe. Il est a présumer que ces quatre décharges n'ont pas In même tension, et qu'en laissant dans le circuit du second ordre une solution de continuité on les affaiblit inégalement, de manière à faire prédominer quelques-unes d'entre elles; mais l'expérience seule peut indiquer celles dont la tension est la plus forte.
Afin de résoudre la question, j'ai réuni les deux extrémités de la première spirale induite avec celles d'une autre spirale exactement pareille, et en face de celle-ci j'ai placé une troisième spirale que j'ai mise en rapport avec les divers fils de platine de l'appareil de décomposition.
Lorsque le circuit du second ordre est entièrement continu, il n'y a de polarisation sensible, comme pour les décharges du premier ordre, que si la batterie est fortement chargée; mais le sens de cette polarisation indique que les décharges inverses sont prédominantes. Si l'on interrompt le circuit en deux points, de la même manière que dans les expériences précédemment décrites, on observe une polarisation dont le sens est constant, mais dont l'intensité croît
avec la distance des vis micrométriques à la surface du mercure. Le sens de la polarisation indique d'ailleurs que l'effet des décharges inverses est supérieur à celui des décharges directes. Je transcris ici les résultats obtenus dans une série d'expériences où la distance de la spirale inductrice à la première spirale induite était de 8 millimètres, et la distance des deux autres spirales seulement de 4 millimètres. Les lettres D, h, a x et 04 ont ^ a même signification que dans les tableaux de la page 1 8 ; le signe — , dont les déviations sont précédées, indique que leur direction correspond à la décharge inverse.
D = 1 MILUMITU.
5 MiLLUirriss.
mm o,a5
o.bo
mm
Pas d'étincelle.
i5 aa
o,-JO
1,00 •j,oo 3,00
Pas d'étincelle.
o,a5 o,5o 1,00 a, 00 A,oo 8,00
— aa
-go
PasdVtincelle.
Lorsqu'il n'y a dans le circuit induit qu'une seule interruption, on observe quelques anomalies, pour de très-petites distances de la vis micrométrique au mercure. Si la direction de la décharge inductrice est telle que les décharges inverses soient dirigées de la surface du mercure vers la pointe de la vis, il arrive assez souvent que l'effet des décharges directes est prédominant, ou qu'il détruit exactement l'effet des décharges inverses, de manière qu'il n'y a pas de polarisation sensible. La raison de ce phénomène est rendue assez évidente par ce qui a été dit plus haut.
La distance des spirales, la conductibilité du circuit du second ordre, la nature chimique du liquide placé dans l'appareil de dé-
composition, n'ont pas d'influence sur ia marche générale des phénomènes.
Enfin , la constitution du circuit du premier ordre est également indifférente; on en jugera à l'inspection du tableau suivant, qui contient les résultats d'une expérience où l'on avait introduit dans le circuit du premier ordre une colonne d'eau salée, d'environ 1 décimètre de longueur sur 1 centimètre de diamètre (équivalente à 3,ooo mètres d'un fil de cuivre de 1 millimètre de diamètre).
D= 5 MILL1MITIBS.
mm
mm
Pas d'étincelle.
Pas d'étincelle.
Ces expériences doivent être remarquées; elles affaiblissent une objection qui pourrait être opposée à la méthode générale. Il n'est pas évident, en effet, que la présence, dans le circuit induit, d'une colonne liquide dont la résistance équivaut toujours à celle d'une immense longueur de fil métallique , n'altère pas la constitution de la décharge induite; mais l'hypothèse devient très-probable lorsqu'on voit la présence de cette colonne liquide n'influer en rien sur les propriétés inductrices de la décharge du premier ordre.
Quant aux solutions de continuité qui peuvent exister dans le premier circuit induit, leur effet ne peut être évidemment que d'affaiblir (probablement dans le même rapport) les deux décharges induites dans le deuxième circuit par la décharge inverse du premier ordre. L'une des décharges ainsi affaiblies est d'ailleurs directe, l'autre inverse; il est à présumer, par conséquent, que la prédominance des décharges inverses sur les décharges directes doit se conserver. Cette prévision est confirmée par l'expérience.