‹ Œuvres de É. Verdet (volume 5)Chapitre 9 sur 71 · DE LA DÉCHARGE LATÉRALE · texte numérisé non relu

DE LA DÉCHARGE LATÉRALE

Nos expériences établissent une grande analogie entre les phénomènes d'induction produits par l'électricité ordinaire et les phénomènes correspondants produits par les courants vol laïques. La cause de ces phénomènes est sans doute une action particulière résultant du mouvement de l'électricité, et essentiellement distincte de l'm- Jluence que l'électricité libre de la batterie exerce sur les conducteurs voisins. D'ailleurs, pour reconnaître la différence de ces deux ordres de faits, il suffit de remarquer que la direction de la décharge induite change en même temps que celle de la décharge inductrice, et ne dépend pas de la nature de l'électricité libre de la batterie.

Néanmoins, M. Knochenhauer (l) a considéré les phénomènes d'induction comme de simples effets d'influence dus à l'électricité libre; et, comme il a appuyé son opinion de quelques expériences nouvelles, il est nécessaire de la discuter.

M. knochenhauer a d'abord cherché la loi suivant laquelle varie la quantité d'électricité maintenue à la surface d'une sphère communiquant au sol, par l'attraction d'une autre sphère communiquant avec l'armature interne d'une batterie, quand on fait varier la dislance des deux sphères. Des expériences très-nombreuses et trèsroiicordantes lui ont fait voir que le logarithme de cette quantité varie proportionnellement à la racine carrée de la distance. La même loi Rapplique au cas où les deux sphères sont remplacées par deux lil* parallèles (Tune grande longueur.

Knsuile M. knochenhauer a comparé réchauffement produit 4**^ un thermomètre à air par une décharge électrique transmise M* un lil métallique d'une grande longueur, et réchauffement pro- * "| Ami» un autre thermomètre à air par la décharge induite dans AMMuIltta au précédent. La racine carrée du rapport des deux ils « varié exactement suivant la loi précédente. On sait \ fimis une décharge électrique, réchauffement d'un lil «si wrupurtionnel au carré de la quantité d'électricité en

mouvement : la racine carrée du rapport ilea éehauffemenls exprime donc le rapport des quantités d'électricité en moiivement dans la décharge directe el dans la décharge inductrice.

De l'identité des deux lois, M. knochenhaiier a ronclu l'identité des phénomènes: mais je crois que l'identité signalée par ce physicien n'existe qu'en apparence. En effet, réchauffement observé dans le circuit inducteur est d'autant plus faible que le lil induit est à une plus petite distance, par suite de l'influence que la décharge induite exerce sur la décharge inductrice 1 ": an contraire, la quantité d'électricité accumulée sur la sphère communiquant à l'intérieur de la batterie est d'autant plus grande que la sphère communiquant au sol est plus voisine. Par conséquent, si M. KnorbcnhainT avait comparé au rapport des /dévalions de lenipéralure, non pas la quantité absolue d'éleclricilé accumulée sur la sphère communiquant au sol , mais le rapport des charges électriques des deux sphères , il eut trouvé que i-es deu\ rapports variaient suivant des lois toutes différentes.

Si l'influence de l'électricité libre de la batterie n'est pas la cause de la décharge induite, 'die est la cause d'un autre mouvement électrique qui ne dépend en aucune manière de la direction de la décharge principale. 6e mouvement, auquel on a donné le nom de àkkarge fatfaah (littéral discliarge , Seilen-Knthitlwifr), est une décomposition instantanée du fluide neutre des conducteurs voisins, en vertu de laquelle le fluide contraire au fluide libre de la batterie est attiré vers le fil inducteur. Pi le fluide senililalde est repoussé.

I,a décharge latérale a été connue des physiciens bien avant la décharge induite, puisqu'il en est fait mention dans YHistoire tle l'électricité de Prieslley el dans le Traité tic pAjMIW (le M. Uinl. Je crois cependant qu'on verra avec intérêt quelques expériences par lesquelles j*ai manifesté la décharge latérale dans tous les appareils qui servent à obtenir la décharge induite.

Voicî d'abord l'expérience de M. Biot :

«On isole un conducteur cylindrique, et on le fait toucher à la batterie qui coin nui nique avec le sol. Vis-à-vis d'une des extrémités de

' Vo

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