EiLpérieiiees ûm Seebccfe et de Brewster. — La
trempe donne lieu à des phénomènes tout à fait analogues à ceux que produisent la compression et la dilatation, avec cette seule différence qu'ils sont permanents. Dans un corps trempé, en effet, les différentes directions ne jouissent plus des mêmes propriétés : il y a des tensions moléculaires irrégulières, et la double réfraction doit s'y manifester comme cela a lieu toutes les fois qu'il y a quelque trouble apporté à l'arrangement moléculaire dans un corps.
Les phénomènes produits par la trempe ont été observés pour la première fois par Seebeck, en iSiq, et publiés dans le Journal de Schweigger en 1 8 1 3 , 1 8 1 /i et 1 8 1 5 ^^K Dans ces trois mémoires il n'y a que la description de faits dont Seebeck n'a pu saisir la cause.
Il faisait chauffer au rouge des plaques de verre de diverses formes, et les faisait ensuite refroidir assez rapidement en les agitant dans l'air : lorsqu'il plaçait les plaques ainsi trempées dans la lumière polarisée, il obtenait dans l'analyseur des figures vivement colorées, dont la forme et les couleurs dépendent de l'orientation de l'analyseur, du contour de la plaque et de la manière dont celte plaque est tournée dans son propre plan. Seebeck a obtenu également des figures colorées avec des plaques de borax fondues et refroidies rapidement, de sel gemme rapidement desséchées et de
gomme arabique obtenues par une prompte évaporation. SeebecBr se contenta d'abord de donner un nom aux phénomènes qu'il avaKtf observés : il les appela ^gtir^» entoptiques, croyant qu'ils étaient d»^ à une modification éprouvée par la lumière dans l'intérieur du corps soumis à l'épreuve. Toutefois, quelque temps après, il fti^
(» Jimmal de Schweigger, Vil, sSg, SSa; XI, 471; XII, t,
sonduit à les rapporter à leur vëritable cause, qui est la trempe du verre. Mais en ceci il avait été précédé par Brewster, qui, le premier, signala l'influence de la trempe, dans un mémoire sur les larmes bataviques communiqué en 1 8 1 à à la Société Royale de Londres ^^K Plus tard Brewster a généralisé ces faits h la suite d'une série d'expériences publiée en 1816 ^^\ et les a rapportés à une double réfraclion produite dans le verre par la trempe. H a fait voir qu'un morceau ie verre chauffé jusqu'au rouge, puis refroidi lentement, ne possède pas la double réfraction.
Brewster a encore fait une remarque importante, c'est que, lorsqu'un morceau de verre s'échauffe ou se refroidit, il jouit temporairement de la propriété biréfringente, quand la température devient stationnaire, ce qui provient évidemment de ce que l'équilibre moléculaire ne s'établit qu'au bout d'une certaine période pendant laquelle l'arrangement des molécules et la distribution des forces élastiques^ restent irrégulières.
La cristallisation peut souvent produire des effets analogues à ceux de la trempe, et, si on examine des lames de cristaux cubiques au moyen d'un polariscope très-sensible , comme celui de Bravais (310), il est très-rare d'en rencontrer qui soient complètement dé- >ourvues de toute double réfraction : c'est ce qu'a constaté Bravais ui-mêine^'^. Il faut attribuer cette double réfraction à des irrégularités de cristallisation et de structure qn'il est rare de voir disparaître tout à fait.
30 à> PotorlMiiion lAinellAire. — C'est encore à une cause Je même nature qu'il faut attribuer un ordre de phénomènes dérouverts par Biot, et désignés par lui sous le nom de polarisation ^amellaire ^^\ En examinant des cristaux d*alun qui appartiennent, :oinme on sait , au système cubique , il reconnut des indices de louble réfraction. II n'y a là rien de surprenant, car on trouve sou- "^ent des cristaux d'alun dont la cristallisation n'a pas été régulière
W Phil. TroM., i8i5,p. 1.
W PhiL 7rafu.,i8i6,p. 66.
(^) Ann. de ekim, et de phyi, , ( 3 ) , XLIII , 1 99.
W C. fl. , XII , 1 1 a > . — Mém, de /Mcorf. de$ »c, , XVIH , 54 1 .
et qui présentent dans leur intérieur une série de lames dirigées dans différents sens. Si les surfaces de séparation de ces lames sont visibles, cela indique évidemment que , dans une direction perpen* diculaire aux faces des lames, la distance moyenne des molécules est plus grande que dans une direction parallèle à ces surfaces : il y a donc là une cause suffisante pour produire la double réfraction.
Il est d'ailleurs permis de croire que la structure lamellaire et le défaut d'homogénéité qui en résulte peuvent exister sans être visibles et donner au crislal des propriétés biréfringentes.
C'est ainsi que Brewster a pu constater l'existence de la double réfraction dans plusieurs cristaux appartenant au système cubique, tels que le spath fluor, le sel gemme, l'analcime, le sel ammoniac ^'l
Les tissus organiques, tels que les cristallins de l'homme et des animaux , les tuyaux de plumes, etc. , présentent aussi des propriétés biréfringentes qu'on doit attribuer à leur structure lamellaire. Brewster s'en est assuré en plaçant ces corps dans un liquide contenu dans un vase présentant deux faces parallèles, et en les faisant traverser par un faisceau de lumière polarisée ^^K
Les gelées organiques, les résines, et autres corps amorphes qui sont naturellement uniréf ringents , peuvent aussi acquérir des propriétés biréfringentes , s'ils se sont solidifiés dans des conditions irrégulières qui leur donnent une sorte de trempe ou une structurt^ lamellaire.
î*^ Phd. Trang.f 181 5, p. ag. — Ediid). Tvanê,, t. X.
t« PhiL Tranê., 1816, p. 3ii. — Ann. de chim, et de phyt,, (a), IV, 43 1. - W»'- Tram., i833,p. 3î3; i836,p. 35; 1837, p. 953.