‹ Œuvres de É. VerdetChapitre 8 sur 191 · Expérleiices de IfIJII. Fiseau et Foucault. — MM. Fi · texte numérisé non relu

Expérleiices de IfIJII. Fiseau et Foucault. — MM. Fi

zeau et Foucault, en employant la méthode qui leur avait permis de montrer la possibilité de faire interférer deux rayons présentant une grande différence de marche, ont pu prouver directement que, lorsqu'un faisceau de lumière polarisée a traversé une lame cristallisée

^*J Mémoire sur rinflnenre réciproque des rayons polarisés {Œuvrei compUte» de Frettul, 1 1, p. /ia6).

épaisse, la partie commune aux deux faisceaux polarisés à angle droit qui sortent de la lame n'est pas, comme pourrait le faire supposer la manière dont elle se comporte dans un analyseur biréfringent ordinaire, de la lumière naturelle ou de la lumière partiellement polarisée ; mais que chaque rayon simple se modifie en traversant la lame suivant les mêmes lois que si la lame était assez mince pour donner des couleurs ^'^

Dans ces expériences, un faisceau de rayons solaires parallèles entre eux et totalement polarisés traversait une lame cristalliséci trop épaisse pour donner des couleurs et était reçu ensuite sur un prisme de Nicol. Le faisceau extraordinaire que laissait passer ccl analyseur tombait sur une fente étroite derrière laquelle un prisme et une lentille étaient disposés de façon à donner un spectre trèspur. Lorsque la section principale du Nicol est parallèle au plan de polarisation primitif, on distingue dans le spectre un grand nombre de bandes noires équidistantes, et entre ces bandes l'intensité varie d'une manière régulière; ces bandes correspondent à deî rayons qui manquent dans l'image extraordinaire fournie par U Nicol , et qui sont par conséquent polarisés dans le plan primitif. S la section principale du Nicol est orientée dans l'azimut ai, c'est-àdire placée dans une position symétrique du plan de polarisatior primitif par rapport à la section principale de la lame, on aperçoi encore un système de bandes noires qui n'ont plus les mêmes positions que précédemment, ce qui annonce que les rayons correspondant aux positions que ces bandes occupent dans le spectre sont polarisés dans l'azimut Qt. Pour toute autre position de l'analyseur il n'y a plus de bandes complètement noires, mais simplement de: minima d'intensilé, d'où Ton doit conclure que les azimuts zéro et a sont les seuls dans lesquels les rayons puissent être complétemen polarisés. Enfin, lorsque l'angle t est égal à 45 degrés, certaine: teintes conservent une intensité constante pendant la rotation d( l'analyseur, ce qui indique l'existence d'une série de rayons corn plétement dépolarisés : les couleurs de ces rayons sont intennédiaire entre celles des rayons polarisés dans le plan primitif el celles de rayons polarisés dans l'azimut at.

") Àun.deehim.efdephyn., (3), XXVI, i.'î^; XXX . i '.r.

Ces expériences montrent quelle est la véritable constitution d'un faisceau provenant de la superposition de faisceaux polarisés à angle droit, issus d'un même faisceau primitivement polarisé, et qui présentent l'un par rapport à l'autre une grande différence de marche. Un tel faisceau offre dans un analyseur ordinaire les propriétés de la lumière naturelle si les deux faisceaux superposés ont même intensité, celles de la lumière partiellement polarisée si les intensités de ces deux faisceaux sont inégales. En réalité, dans le faisceau ainsi constitué, chaque lumière homogène a un état de polarisation déterminé; mais, cet état variant très-rapidement avec la longueur d'onde à cause de la grande différence de marche, les polarisations les plus diverses appartiennent à des rayons que l'œil est incapable de distinguer, et, tant qu'on laisse le faisceau indécomposé, les propriétés de la lumière naturelle ou de la lumière partiellement polarisée sont très-suflisamment imitées. C'est ce qui arrive en particulier lorsqu'un faisceau de lumière polarisée traverse une lame cristallisée épaisse.

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