‹ uvres de É. Verdet (volume 2)Chapitre 11 sur 166 · LOIS EXPERIMENTALES ET PRINCIPES DE LA THÉORIE · texte numérisé non relu

LOIS EXPERIMENTALES ET PRINCIPES DE LA THÉORIE

fait naître entre le rayon ordinaire et le rayon extraordinaire , et nullement d'une action spéciale exercée par les lames minces, comme le supposait Biot, Fresnel imagina l'expérience des rhomboèdres croisés. 11 lit scier par le mdieu un rhomboèdre de spath d'Islande, de manière à obtenir deux rhomboèdres de même épaisseur qu'il plaça l'un devant l'autre de façon que leurs sections principales fussent perpendiculaires. 11 fit tomber sur ce système un faisceau de lumière polarisée dans un plan incliné à /(5 degrés sur les sections principales des deux rhomboèdres, et reçut la lumière au sortir des rhomboèdres sur un analyseur muni d'une loupe. Il aperçut alors des franges très-brillantes perpendiculaires à la droite c[ui joint les deux images du point lumineux. Ces franges ne peuvent provenir que des interférences des rayons qui sont polarisés à angle droit au sortir des rhomboèdres et ramenés au même plan de polarisation par l'analyseur, rayons qui présentent toujours une très-faible différence de marche , puisque les deux rhomboèdres ont même épaisseur et que les rayons ordinaires dans l'un deviennent extraordinaires dans l'autre'^'.

Cetle expérience prouve que les lames épaisses peuvent produire des effets analogues à ceux des lames minces , pourvu que la différence de marche des rayons interférents soit suffisamment petite, et que la disparition des phénomènes caractéristiques de la polarisation chromatique lorsque la lame cristallisée a une certaine épaisseur est due non pas à une différence spécifique entre l'action des lames épaisses et celle des lames minces, mais à la cause c|ui fait disparaître les franges d'interférence à une certaine distance de la frange centrale et les anneaux d'un ordre élevé, c'est-à-dire au défaut d'homogénéité de la lumière.

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