‹ uvres de É. Verdet (volume 2)Chapitre 85 sur 166 · Polarisation rotatoire produite par la torsion · texte numérisé non relu

Polarisation rotatoire produite par la torsion

— La théorie de Neumann fait voir que, si un rayon polarisé traverse dans la direction de l'axe une tige de verre soumise à une certaine torsion, le plan de polarisation de ce rayon éprouve une rotation proportionnelle à la longueur de la tige et à l'angle de torsion. 11 est extrêmement probable que les choses se passent réellement ainsi, mais il est très-difficile de le vérifier par l'expérience. En ellet, la rotation étant très-faible, il faudrait ou employer des liges très-longues, ou soumettre les tiges à une torsion très-forte. Le premier moyen ne peut être employé , car les tiges de verre un peu longues présentent toujours une trempe sensible, et alors les phénomènes de la double réfraction viennent complètement masquer ceux de la polarisation rotatoire. Le second moyen n'est pas non plus praticable, parce qu'on arrive rapidement à la rupture du verre. Aussi Neumann n'a-t-il pas obtenu de résultats et Drion n'a-t-il pas mieux réussi lorsqu'il a voulu reprendre ces expériences il y a quelques années.

309. Explication théorique de la double réfraction produite par les variations de température et par la trempe. — Neumann a essayé d'étendre sa théorie au cas où les corps acquièrent les propriétés biréfringentes par réchauffement ou par la trempe. Quand un corps s'échaufTe, il s'établit dans son intérieur des dilatations inégales d'où résultent des tensions variables d'un point à un autre. Neumann, en examinant successivement les différents points du corps, arrive, par une suite de raisonnements irréprochables, à déterminer pour ces points les directions et les grandeurs des dilatations principales en ces points. La seule erreur possible proviendrait de ce que la constante employée dans ces cal-

('' Voir, sur ce sujet, les recherches de M. Fizeau sur les modifications que subit la vitesse de la lumière dans le verre et plusieurs autres corps solides sons l'influence de la chaleur, C. R., LV, 1337. — Ann. de cliim. et fie phijs., (3), LXVl, /129 (18G2).

culs varie d'un point à un aulre; mais, quand les différences de température sont peu considérables, cette variation peut être négligée sans inconvénient.

La trempe résulte en générai d'un relVoidissement brusque d'un corps fortement échauffé; le refroidissement se fait alors inégalement vite dans les différentes parties du corps, et les molécules de certaines régions sont maintenues dans un état d'équilibre forcé, d'où résultent des tensions intérieures très-variables. Pour analyser la double réfraction produite par la trempe, Neumann considère un cvlindre en train de subir le refroidissement : à un instant donné, la couche superficielle de ce cylindre est solide et entoure une autre couche concentrique qui est en train de se solidifier. Neumann admet que la couche extérieure exerce sur celle qui se solidifie une pression analogue à celle que produirait un fluide entourant le cylindre; mais c'est là une hypothèse peu probable, et il est à penser que les phénomènes se passent autrement.

DOUBLE REFRACTION ACCIDENTELLE.

i8io. Malus, Mémoire sur l'axe de réfraction des cristaux et des substances

organisées, Mém. de la prem. classe de VInst., \I, 1Û2. 1811. Malus, Expériences sur la double réfraction des substances animales

et végétales, mentionnées dans IHisloire de la classe des sciences

mathématiques et physiques pendant l'année 1811, Mèm. de la

j/ieiii. classe de VInsl., \II, xxix.

1810. Seebeck , Einige neue Versuche und Beobachtungen ueber Spiegelung

und Brechung des Liclits, Schweiggev's Journ., Vil, aôg , 882. 1816. Seebeck, Von den entoptischen Figuren, Schweigger's Journ., XI ^

Page 1