‹ uvres de Édouard Grenier (volume 2)Chapitre 16 sur 41 · CHŒUR DES ESPRITS · texte numérisé non relu

CHŒUR DES ESPRITS

Pianissimo.

Le jour est pour la vie humaine.

Pour la lumière et pour le bruit; Mais quand le crépuscule amène L'ombre et la paix, à nous la nuit!

Tout ce qui dort sous ses longs voiles. De l'Océan jusqu'aux étoiles.

Est notre empire illimité ; Et nos caprices, nos mensonges, Et le mystère et les vains songes Remplacent la réalité.

Crescciulo.

Le monde est à nous dès cette heure.

Par des philtres amers et doux,

Alors, comme un enfant qui pleure.

Nous l'endormons sur nos genoux.

Vain jouet de notre risée,

La force de l'homme est brisée

Par d'imaginaires terreurs ;

Et, tandis que le corps sommeille.

Nous semons dans l'esprit qui veille

Le germe des folles erreurs.

LE CORYPHEE.

Voilà déjà longtemps que ma diaiie sonne ;

Vous êtes en retard. — Vraiment, je m'en étonne.

Vous savez pourtant quel emploi

L'on réserve cette nuit même A vos talents sans nombre, à votre ardeur extrême. Mais nul ne manque-t-il ? Je cherche en vain le roi ; Ce soir, c'est bien Naboth? Que fait-il? Sur ma foi, Je gage qu'il se farde en répétant son rôle ! Amis, en attendant que vienne ce vieux drôle, Et puisque nos tribus sont toutes au complet, Sautez, dansez, chantez, faites ce qu'il vous plaît!

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