‹ uvres de Édouard Grenier (volume 2)Chapitre 20 sur 41 · LE SYLPHE · texte numérisé non relu

LE SYLPHE

Sire, je venais à peine De commencer ma garde aux confins du zénith. Quand, dans les profondeurs où notre ciel finit, Je vis poindre et grandir une forme inconnue

Qui d'en haut descendait vers nous.

Ah 1 dans mes rêves les plus doux Jamais rien d'aussi beau ne s'offrit à ma vue ! Comme un fîocon de neige égaré dans l'éther, Comme un ange endormi que bercerait la brise, Rêveuse et nonchalante elle glisse dans l'air

Qui de lui-même se divise Et s'ouvre mollement à cet hôte inconnu. Son vol fiiit onduler sa blonde chevelure

Et sa tunique sans ceinture.

De vent et de lumière impalpable tissu,

Qiii tombe à mille plis sur sou pied rose et uu.

A son front pâle brille une étoile divine,

Et ses ailes, fermant à demi leur essor,

Semblent sur sou épaule un long manteau d'hermine...

Mais tandis que je parle encor, La voici qui descend et vers nous s'achemine.

Page 1