‹ uvres de Édouard Grenier (volume 2)Chapitre 24 sur 41 · LE CORYPHÉE · texte numérisé non relu

LE CORYPHÉE

O reine des lointaines sphères, Qii'as-tu dit? mourir? O ma sœur, Si nous t'avons reçue en frères.

Si nos voix pour ton âme ont eu quelque douceur, Dis-nous le secret de ton cœur Et de ta tristesse infinie !

Aimes-tu comme nous la divine harmonie?

Eh bien ! voici ma lyre d'or, Brise la corde où vibre encore l'ironie Et chante-nous ce mal qui fait aimer la mort.

Puisque pour moi vous oubliez le rire Et vos jeux et votre gaîté, Amis, je veux bien tout vous dire Et payer d'un couplet votre hospitalité :

AiidaïUe iiieslo.

Le pêcheur trouve l'ambre au bord des mers profondes, Le mineur sous les monts l'opale et le saphir; Et moi, j'ai traversé tous les cieux, tous les mondes, Tous les champs de l'éther, du zénith au nadir, San^ trouver pour mon mal de souverain dictame; Et j'ai dit en sondant le vide de mon âme : Heureux ceux qui peuvent mourir!

Mon mal est d'être seule et de sentir ma vie D'une ardente langueur en vain se consumer. La haine pèse trop à mon âme attendrie, La volupté du mal ne peut plus me charmer. Vienne, vienne l'amour! Mais où donc peut-il être? Soleil, cieux infinis, faites-le-moi connaître! Heureux ceux qui peuvent aimer!

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