‹ uvres de Édouard GrenierChapitre 111 sur 128 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

F^iC\CILLE

O lispelnd Lied ! bring mir zurûck Der ersten Tage Unschuld un Gluck!

O dear parents, sweet home, old place "Where I am born,

And where, the last of my race, I sit forloni !

O F^^CILLE

vy famille, o loyer où s'alluma notre àme, Paradis où l'enfant ignore un monde amer! Jeune, on te fuit, mais vieux, on réveille ta flamme, Comme un pauvre à genoux devant un feu d'hiver.

D'une main incertaine on soulève tes cendres, Cherchant dans la poussière où dort le souvenir L'ombre des jours heureux et des êtres si tendres Qui ne doivent jamais, plus jamais revenir.

C'est mon tour à présent! Me voici devant l'âtre, Où jadis plein de jours s'asseyait mon aïeul. C'est ici que son cœur, si grand, cessa de battre. J'y viens mourir aussi : mais moi j'y serai seul.

Salut, vieille maison, où le ciel me fit naître, Où de tous mes parents j'ai dû fermer les yeux ! Regarde ! c'est bien moi ; pourras-tu reconnaître. Dans ce vieillard flétri, l'enfant des jours joyeux?

Tu m'as vu chaque année au déclin des automnes Respirant l'air natal avec enivrement, A tes vieilles parois suspendre mes couronnes, Ces présages trompeurs que l'avenir dément.

Puis tu m'as vu plus tard, au milieu de la vie. Revenir las, brisé, les cheveux déjà blancs, M'asseoir près de ma mère et n'avoir qu'une envie Ouater de bonheur le nid de ses vieux ans.

Maintenant je suis seul; père, sœur, frère, mère, Aïeul, tous sont allés d'où nul n'est revenu; Je partirai bientôt comme eux, et ma chimère Est de les retrouver dans un monde inconnu.

O souvenirs sacrés! seuls débris du naufrage Que les flots en colère ont rejetés au bord, O souvenirs sacrés 1 cher et dernier mirage, Je veux vivre avec vous en attendant la mort !

Baume.

370 FLEURSDE GIVRE

LES T>EUX TIE'li%ES

Il est une pierre, une simple pierre, Près de la tonnelle au fond du jardin. Qu'un indifférent trouverait grossière.

Je ne puis la voir sans qu'à ma paupière Les pleurs du regret ne montent soudain.

C'est là qu'autrefois sur cette humble pierre J'ai vu si souvent ma mère s'asseoir Pour y faire en paix à Dieu sa prière, A l'heure où le ciel voile sa lumière, Ou pour respirer la fraîcheur du soir.

Et je pense alors à cette autre pierre. Que connaissent bien mon cœur et mes pas, Où m'attend sous l'herbe au vieux cimetière Celle qui n'est plus qu'un peu de poussière... O mère ! ton fils ne tardera pas.

L'ETI'yLE 'BL^'X.CHE

Voici le printemps, un printemps encori Dans les airs plus doux l'hirondelle crie, L'insecte engourdi reprend son essor...

L'aubépine blanche est déjà fleurie.

Je ne verrai pas linir ce printemps.

D'un poids douloureux mon âme meurtrie

Ne tient pas à vivre encor plus longtemps.

L'aubépine blanche est déjà fleurie.

Dans l'enclos funèbre où l'on m'aura mis, Si l'on vient me voir, je veux qu'on sourie. Ne me pleurez pas, ô mes chers amis.

L'aubépine blanche est déjà fleurie.

J'aurai retrouvé tous ceux que j'aimais :

Mon frère, ma sœur, ma mère chérie,

Et, n'est-il pas vrai. Seigneur, pour jamais?

L'aubépine blanche est déjà fleurie.

LE CTl^X'D .AC\COU%

V^UE de fois j'essayai de dire

Comment et combien je l'aimais !

Mais le cœur dépasse la lyre;

L'infini ne s'atteint jamais.

Je cherche en vain des mots pour rendre

Ce sentiment profond et tendre

Qui fut notre vie un moment;

Je n'en trouve qu'un seulement :

— Hélas! peut-elle encor l'entendre? —

Ce mot qui dit tout, c'est maman I

Je sais qu'en vers on doit proscrire

Ce premier cri de tous les cœurs ;

Je sais que le monde en peut rire

Et que l'empire est aux moqueurs.

Mais la nature est la plus forte ; Ce vain monde et l'art, que m'importe ! Quand viendra mon dernier moment, Mon pauvre cœur en s'endormant Et ma lèvre avant d'être morte Diront encor : Maman, maman 1

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