LIVRE QUATRIEME
O Vaterland! o Vaterland !
Der edien Seelen starkest Band, In dieser Zeit so grausam triibe, Sey meine letzte Liebe!
Sweet France ! O pride ! o Love so smart ! To thee the last throb of my heart !
^ %OUGET 'DE LISLE
POÈTE FRANC-COMTOIS Pour le diner des Gaudes, à Choisy-h-lipi
JlIeureux le mortel qui peut dire Ce qui dort au fond de son cœur, Et le confier à la lyre Sans craindre le rire moqueur!
Le poète ajoute le rêve Aux beautés du monde réel; Un souffle divin le soulève La muse l'emporte en plein ciel.
Heureux le guerrier qui s'élance A la frontière où l'on se bat, Qui fait son devoir en silence, Capitaine ou simple soldat!
S'il vit, sa vieillesse 'admirée De tous est l'exemple et l'orgueil; S'il meurt, sa mémoire est sacrée :
Un laurier croît sur son cercueil.
O Rouget de l'Isle ! ton âme A connu ce double bonheur; Ton front de cette double flamme Garde l'impérissable honneur.
Soldat-citoyen et poète, Ton nom à l'histoire est rivé.
Et dans ce jour chacun répète Ton jour de gloire est ai-rivé.
Par toi seul, moderne Tyrtée, L'âme française eut une voix, Quand la Marseillaise irritée Frappa de terreur tous les rois :
Allons, enfants de la Patrie!
A ce vers mâle et plein d'essor Tous tes fils, ô France meurtrie !
Sauront vaincre et mourir encor.
LES T)EUX ^4[\C0U%S Pour le dîner des Amis du pnys de Moiitbéliard
/iMis, nous avons tous une double patrie. La première est le Doubs qui vit notre berceau, La seconde est la France ; et notre âme est pétrie De ces deux grands amours marqués du même sceau.
Leur sève se confond sans en être amoindrie : L'un ressemble au vieux chêne et l'autre à l'arbrisseau. Quand ils versent leurs flots à notre âme attendrie, L'un est le fleuve immense et l'autre est le ruisseau.
O Comté, cher pays! Ton souvenir agreste
Nous suit dans les splendeurs de Paris, et nous reste
Pour parfumer nos coeurs jusques au dernier jour.
Mais toi, France adorée, on t'aime sans mesure ; Nous baisons en pleurant ta dernière blessure Et nous l'enveloppons de notre double amour.
S^LUT 'DE L^i 'PXOVI'K.CE ^U TSo4%
\~J Tsar! que de Français ne t'ont vu qu'en image,
Et n'ont pu t' acclamer de près comme Paris!
Ces absents par ma voix t'adressent leur hommage ;
Puisse-t-il t' agréer! Car ce serait dommage
Que nos cœurs par le tien ne fussent pas compris.
Paris, si beau qu'il soit, n'est pas la France entière; Il n'en est que la tête et le cerveau puissant. Le cœur, c'est la Province : et jusqu'à la frontière Tout le sol a frémi d'une allégresse altière Quand tu posas sur lui ton pas retentissant.
Ce qui nous charme en toi n'est pas l'éclat qui brille
Dans le vain apparat de l'absolu pouvoir;
C'est que tu sois venu, simplement, en famille,
Et que ta jeune épouse ait confié sa fille
Aux bras du peuple immense accouru pour te voir.
Va, ce peuple est meilleur que ne le dit la haine. Mûri par le malheur, plus sur du lendemain, 11 est fort ; mais il sait où trop d'orgueil entraîne ; Il sait aimer surtout, et ta main souveraine Peut se mettre sans peur dans sa loyale main.
Il est bon qu'entre nous cette amitié se fonde. L'Europe en vaudra mieux, quoi qu'il puisse advenir ; Elle a vu dans ces jours d'émotion profonde Quelque chose de grand se lever sur le monde : La force et le bon droit maîtres de l'avenir.
Baume, iS^6.