‹ uvres de Édouard GrenierChapitre 48 sur 128 · LE TO%.%.E'K,T · texte numérisé non relu

LE TO%.%.E'K,T

Ivegarde ce torrent qui bondit, gronde et roule, Et comme une avalanche en poussière s'écroule : Dans un bassin du roc il s'arrête un moment : Mais c'est pour rassembler tout son cours écumant. Et s'abîmer encor. Comme une âme qui soufifre, Il repart, rejaillit, saute, tombe et s'engouffre, En couvrant de ses pleurs ses parois de granit. Et pourtant à deux pas tout ce tourment finit : Tout à coup le lac ouvre aux fureurs de cette onde Sa sérénité bleue, immobile et profonde ; Et le torrent fougueux, le lac tranquille et pur. Ne font plus sous le ciel qu'une nappe d'azur. O Lixa! ce torrent est ma fidèle image : Mon cœur, ainsi que lui, fils troublé de l'orage. En se précipitant des calmes régions, S'est livré sans repos au choc des passions. Blessé, blessant, broyé comme une eau qui tournoie, A travers les hasards il a frayé sa voie.

Et sur les rocs aigus sans cesse déchiré, ]

En écume légère il s'est évaporé.

C'est ainsi qu'il s'usait dans un trouble stérile, O Lixa! quand ton cœur s'offrit comme un asile. Sous le charme apaisant de ton regard aimé, Tout ce vain tourbillon, tout ce bruit s'est calmé, Et trouvant le repos au sein de ta tendresse. Comme en un lac heureux, ô ma chère maîtresse ! Entre tes bras aimants à jamais abrité, Je m'endors dans la paix de ma félicité!

Clarens.

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