‹ uvres de Édouard GrenierChapitre 66 sur 128 · A FREDERIC BATAILLE · texte numérisé non relu

A FREDERIC BATAILLE

V^' EN est fait : je me rends ; d'ailleurs l'âge y convie. Les douleurs ont percé mon cœur de part en part. Je suis vaincu. Quittons ce combat de la vie, El cherchons pour mourir un coin d'ombre à l'écart.

J'ai lini ce grand rêve où mon âme ravie S'enivrait follement d'amour, de gloire et d'art. J'ai perdu tous les miens, et mon unique envie Est de les retrouver n'importe où! quelque part.

Comme un homme à la mer, las de nager sans trêve. Qui voit des flots partout et nulle pajt la grève, Jette un dernier regard à ce ciel où Dieu dort,

S'arrête, à cette lutte inégale renonce,

Et dans les profondeurs de l'abîme s'enfonce,

Je me laisse glisser lentement vers la mort.

Baume, juin iSSi.

Page 1