A LA MÊME
V,^u AND le grand Michel-Ange eut sa force brisée, Et dut pencher son front, las de créer des dieux, Il allait, vers le soir, au pied du Colisée, Voir du soleil couchant les sublimes adieux.
Là, seul et triste, assis sur quelque pierre usée, Loin du bruit de la foule et du monde odieux, Il ranimait encor sa vieillesse épuisée
A la douce chaleur de l'astre radieux.
Je n'ai pas son génie, ô grande âme ingénue ! La fatigue pourtant comm^ à toi m'est venue, Lt je vois décliner mes rêves et mes jours.
NLiis un dernier rayon réchauiîe aussi mon âme ; Mon soir a son soleil suprême, et c'est. Madame, Votre chère amitié, qui vaut tous les amours.
Paris, 7 décembre 1SS6.
^4 L'IT^iLIE
Italie, Italie! ô trop chère contrée Dont j'aimais tant le ciel, la nature et les arts, Toi qu'au prix de son sang la France a délivrée Des barbares du Nord et du joug des Césars!
Toi que tant de martyrs ont jadis illustrée, Au Spielberg, à Venise, à Kaple, aux champs lomba] Toi qui maudissais tant l'Allemagne abhorrée. Quand ses canons braqués insultaient tes regards!
De tes bourreaux d'hier à présent la complice. Comment peux-tu prêter les mains à ce supplice, Toi qui devrais savoir si bien le poids des fers?
Comment, naguère esclave, aujourd'hui souveraine, Oublieuse des maux si récemment soufferts. Peux-tu serrer l'écrou de l' Alsace-Lorraine ?
Baume, jo août iSSS.