‹ uvres de Édouard GrenierChapitre 74 sur 128 · DEDICACE · texte numérisé non relu

DEDICACE

A MADAME

Ami, réveille^ votre lyre, M'avei-vous dit en me quittant, Ecrivei-moi, je veux vous lire, Mais en vers, je les aime tant ! »

r obéis, et je vous adresse Ces vers faits pour être oubliés.

Ennui, gaieté, rêves, tendresse, J'effeuille mon diiie à vos pieds.

Alger, janvier et février i8S6.

TTIOLOGUE

Voici l'hiver, le froid, la neige, le ciel gris, Les boulevards fangeux... il faut quitter Paris. Oui, mais quitter aussi tout ce qui nous fait vivre. Vous parle à l'âme, au cœur, vous charme et vous enivre La musique, les arts, le choc des grands esprits. Les regards amoureux furtivement surpris, Les problèmes profonds, la causerie ailée, Des vanités d'un jour l'âpre et sombre mêlée, Et ce bruit incessant fait de gloire et d'oubli. Dont ce cratère en flamme est sans cesse rempli,

286 RAYONS d'hiver

Et surtout, oh ! surtout, les amitiés charmantes. Qui vous font oublier le monde et ses tourmentes, Et sont ce que la vie offre encor de plus doux. Ah ! maudits soient le froid, les brouillards et la touxl La toux qui vous saisit, vous juge et vous exile. En vous prenant des mains tout ce bonheur facile, Vous oblige à chercher ailleurs. Dieu sait comment 1 Un air moins périlleux sous un ciel plus clément.

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