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i uiSQUE ton souvenir et ta chère pensée Veillent toujours au fond de mon âme blessée, Comme ces lampes d'or qui brûlent jour et nuit Dans les temples sacrés, loin du monde et du bruit, O mon frère ! je veux que ta pure mémoire Et ton nom ignoré, qui méritait la gloire. Illuminent ce livre, où sans crainte j'ai. mis Le meilleur de mon cœur pour mes meilleurs amis. Je veux, quelle que soit la sphère où Dieu te cache. Te dire qu'envers toi j'ai su remplir ma tâche, Et que les jours, les mois, les ans, ont beau passer, Rien n'atteint ton image et ne peut l'effacer. Je tressaille à ton nom, et je ne puis l'entendre Sans être pris au cœur d'un regret triste et tendre,
306 RAYONS d'hiver
Et me sentir monter des larmes dans les yeux Tu n'es qu'absent pour moi ; tu me suis en tous lieu Sur la mer, dans les bois, les monts et la campagne. Ton souvenir vivant est là qui m'accompagne. Mais une heure surtout t'appartient dans le jour Et te rend plus présent encore à mon amour : C'est cette heure de calme et de mélancolie Où le soleil, voilant sa lumière pâlie, S'incline à l'horizon majestueusement.
Personne n'a traduit comme toi ce moment. Kul peintre d'un pinceau plus habile et plus leste K'a mieux redit cette heure et son charme céleste Kul, sauf ton homonyme et confrère lorrain. D'un sentiment plus vrai, plus sur et plus serein, K'a poursuivi dans l'air ces vapeurs fugitives. Qui s'élèvent des monts, des plaines et des rives, Et forment dans i'éther ce lit de pourpre et d'or Où le soleil se couche en rayonnant encor. Kul n'a peint mieux que toi la grande poésie Et ce recueillement dont la terre est saisie, Lorsque le crépuscule, apaisant tous les bruits, Prélude dans les airs au silence des nuits. Comme il avait raison, le cher et grand poète Qui t'appelait le Roi du ciel ! Oh ! quelle fête C'eût été pour ton âme, ainsi que pour les yeux, De voir ici la mer, ces coteaux et ces cieux Si vastes et si doux, cet Atlas qui les touche. Et surtout, à cette heure où le soleil se couche. Cette lumière intense et diaphane, enfin
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